Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

24/05/2015

Fenavin 2015, révélateur des vins d’Espagne

la libre,momento,papilles,vins,espagne,fenavin 2015Le marché espagnol est très dynamique. Les producteurs ont été obligés, pour surmonter la crise économique, de s’orienter vers les marchés extérieurs auxquels ils ont dû adapter leurs offres avec des vins plus modernes.

Mise en bouteille: Baudouin Havaux


LA SEMAINE DERNIÈRE, Ciudad Réal, située en plein cœur de Castilla la Mancha, organisait Fenavin, le salon le plus important, exclusivement consacré aux vins d’Espagne qui réunissait pratiquement toutes les régions de production que compte le pays. Plus de 50 négociants belges en vin ont fait le voyage au pays de Don Quichotte, ce qui est révélateur de l’intérêt croissant des Belges pour les vins ibériques.
 
José Fernandez, analyste de marché de l’ambassade d’Espagne en Belgique, précise que “l’Espagne est, en volume, le second fournisseur de vin en Belgique, devant l’Italie qu’elle a dépassé il y a quelques années et derrière la France. C’est l’équivalent de 60 millions de bouteilles qui sont consommées chaque année en Belgique pour une valeur de 108 millions d’euros. Cela fait plusieurs années que l’on observe une croissance des importations de vin espagnol en Belgique. Il faut cependant relativiser ces chiffres qui s’expliquent par les importations massives de Cava, principalement consommé dans le nord du pays où l’on peut parler d’un réel raz de marée. En 2014, la moitié du vin importé d’Espagne portait le label de l’AOC Cava. On observe également une diminution progressive des vins en vrac, qui représentent près de 7  % des volumes importés, et une augmentation des vins en bouteille. Un bon indice de l’intérêt des Belges pour des vins plus qualitatifs, même si le prix moyen de la bouteille (TTC) est de 3,50 €, un chiffre proche de la moyenne nationale.”
 
Et d’ajouter : “On remarque également sur les cartes des restaurants et tarifs des cavistes l’apparition de nouvelles AOC autrefois totalement inconnues, comme Ribeira Sacra, Utiel-Requenia, Rueda et même Somontano qui a été propulsé au-devant des linéaires par Delhaize, mais aussi la curiosité des Belges pour de nouveaux cépages comme le mencia ou le bobal. On regrette cependant que la place réservée aux vins d’Espagne sur les linéaires des grandes surfaces diminue progressivement pour laisser place à des vins moins chers en provenance principalement du Nouveau Monde. Ce qui n’est toutefois pas une tragédie car, parallèlement, l’offre de vins mieux valorisés s’est déplacée chez des cavistes et distributeurs traditionnels. Une frustration cependant, celle de ne pas voir assez de vins d’Espagne sur les cartes des restaurants. Nos vins y sont sous-représentés et n’ont pas encore la place qu’ils méritent.
 
La visite du salon est révélatrice du dynamisme du marché. Ici, la crise économique qui a obligé les producteurs à sortir de leur zone de confort semble bien se situer derrière eux. Face à une diminution vertigineuse de la consommation intérieure, ils ont été obligés de s’orienter vers les marchés extérieurs auxquels ils ont dû adapter leurs offres avec des vins plus modernes, fruités, pourvus d’une bonne acidité, avec un packaging et des étiquettes résolument modernes, créatives et même avant-gardistes.
 
Pour y arriver, ils sont restés sourds à l’appel des sirènes qui prônent l’émergence des cépages internationaux, mais ont plutôt investi dans l’amélioration de la conduite des cépages autochtones, comme le mencia ou le bobal qui se sont révélés être de très grands vins à l’avenir prometteur. Ce sont des vins d’une grande vivacité, fruités, bien équilibrés et beaucoup plus légers qui correspondent aux nouvelles tendances de consommation. Dans les allées de Fenavin, les vins lourds, excessivement boisés et capiteux avaient presque tous disparu. Les 1300 exposants présents à Fenavin sont vraisemblablement les plus dynamiques du secteur et à ce titre les précurseurs de la réalité vinicole de l’Espagne qui arrive doucement dans nos verres en Belgique.
 
 
Airen et Tempranillo dominent le vignoble espagnol
Sur le million d’hectares de vignes en Espagne, 43  % de la superficie est couverte par deux cépages : l’Airen et le Tempranillo. L’Airen est un cépage blanc qui couvre près de 215 000 ha, et dont une partie est distillée pour la production de Brandy. Le tempranillo est répandu sur 205 000 ha dans pratiquement toutes les régions mais principalement en Rioja et en Castilla y León.

Cava bleu
Une note de fantaisie un peu bling bling dans le stand de la Bodega Penafiel sous la forme d’un Cava catalan de couleur bleue. Le Cava Beluga s’adresse à un public “VIP Premium” à la recherche de quelque chose d’original et d’exclusif. À 200 € la bouteille, ce cava dans lequel on a ajouté du curaçao avec la liqueur d’expédition est en effet assez exclusif.

Guia del Vino Cotidiano
Rédigé en espagnol mais facilement compréhensible grâce aux nombreux pictogrammes, ce guide des vins “de tous les jours” présente les meilleurs vins espagnols de moins de 10 €. La sélection des vins a été réalisée par les journalistes du magazine “Mi Vino”. Un ouvrage de référence pour nos cavistes à la recherche de bonnes affaires et des milliers de Belges qui sillonnent pendant leurs vacances les vignobles espagnols.
Guia del Vino Cotidiano, édité par Opus Wine; mail : guiavino@opuswine.es

Les commentaires sont fermés.