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24/05/2015

Le charme campinois d’Engelhof

La Libre, Momento, Vie de château, EngelhofPas loin de Houthalen et de son superbe golf se cache cette demeure reconstruite en 1903. Le domaine est ouvert au public.

Philippe Farcy


POUR LES GENS QUI HABITENT dans la région du Limbourg belge, le domaine provincial d’Englehof, ou Engelhoef comme on le dit parfois, est un site intéressant à défaut d’être remarquable comme l’est celui de Bokrijk, situé un peu plus au Sud.
 
Il y a un peu plus de cent ans, le baron Fernand de Beeckman (1845-1918) et sa récente épouse née Émilie Wittouck (1863-1955) – l’union eut lieu en 1902 – firent reconstruire cette demeure qui venait de brûler de manière accidentelle. Émilie venait de l’hériter. Fernand était un mécène, un artiste, peintre et aquarelliste. Pour lui, se retrouver dans un tel environnement était une aubaine.
 
L’endroit est superbe et possédait alors plus de 500 ha. Quand, en 1962, les Mutualités chrétiennes reprirent l’ensemble, il en restait encore 330 ha. La baronne avait acheté après la Grande Guerre une partie d’un aéroport militaire et joignit cela à une part importante de ses terres afin de créer un centre scolaire et éducatif. Il s’agissait de l’Œuvre nationale des colonies scolaires catholiques qui a commencé ses activités à partir de 1928. La colonie recevait des enfants pauvres et défavorisés.
 
Depuis 2002, le site est devenu un bien provincial, accessible à tous pourvu qu’on le trouve car les plaques indicatrices sont rares sauf à moins de cinq kilomètres du parc. On ne sait pas qui fut l’architecte choisi par les Beeckman (famille éteinte) et à ne pas confondre avec les Beeckmans de West-Meerbeeck.
 
L’histoire du site est assez simple tant que l’on reste dans l’Ancien Régime. On sait qu’en 1140 la comtesse de Namur, Ermesinde, donna ici un territoire très vaste à l’abbaye de Floreffe. Cette abbaye allait garder ses terres jusqu’aux effets désastreux pour la protection du patrimoine, de la Révolution française. En 1798, on trouva un acquéreur en la personne de l’avocat P.A. Nicolay, résidant à Heusden. Mais celui-ci agissait pour l’abbaye de Floreffe qui retrouva ses domaines. Ce n’est qu’en 1844 qu’il y eut de nouveau une vente. Elle se fit au profit du rentier J.H. Hauwaerts. Puis vint l’année 1850 et le domaine, comptant 549 ha, passa aux Wittouck, résidants du château neuf de Leeuw-Saint-Pierre (n°158).
 
Il s’agissait de Félix-Guillaume (1812-1898), propriétaire terrien, distillateur, éleveur et bourgmestre de sa commune qui lui fit un beau monument près de l’église. Wittouck était déjà un grand industriel. Ses trois fils Félix, Paul et Frantz furent à la base de la Sucrerie tirlemontoise. Faut-il en dire plus ? Il y eut encore une fille chez les Wittouck, Marguerite, qui allait épouser le baron Allard, mayeur d’Uccle. Rappelons que Félix-Guillaume avait épousé Élise Boucquéau, ce qui nous crée un lien avec La Louvière et l’industrie métallurgique. Visites possibles.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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