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01/06/2015

Hambraine, 55 ans aux petits soins

La Libre, Momento, Vie de château, Hambraine, Forville, FernelmontLe docteur Isaac et Madame ont fait de ce domaine un lieu privilégié. La disparition du château vers 1950 fut une aberration.

Philippe Farcy


HAMBRAINE EST UN PETIT HAMEAU dépendant de Forville, dans la commune de Fernelmont. Ce fut un fief intéressant dans le maillage territorial constitué par les barons de Woelmont, depuis le XVIIsiècle, entre le namurois et les environs de Verviers, dont on sait qu’ils possèdent toujours le petit joyau de Soiron. Ils possédaient jadis les seigneuries de Frocourt, Brumagne et Lives, sans oublier Gors-Opleeuw plus d’autres domaines aux Pays-Bas, grâce à un mariage avec une Woestenraedt.
 
Fief des Woelmont
Marcel Delforge, Louis Heneffe pour le cercle d’histoire local et Serge Chasseur par ailleurs ont travaillé sur cette maison dont l’existence remonte sûrement au XIVe siècle, voire même un siècle avant. On peut facilement imaginer ici une tour de défense. Plus tard, le bien sera aménagé en demeure à vivre avec le confort moderne, quand les Woelmont (Herman) s’unirent avec une fille des sires de Longchamps, voisins du côté d’Eghezée. Cela nous place vers 1556. Le 21 septembre 1636, la maison, qui avait donc été agrandie, fut fortement endommagée lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648) par des soldats casernés à Maestricht. Jacques de Woelmont a laissé des écrits sur les pillages qui recommencèrent soixante jours après Pâques, pour la Fête-Dieu, dite aussi du Saint-Sacrement de l’an de grâce 1649. Que resta-t-il du château par après ? On ne sait trop, sauf que Saumery pour les “Délices du Païs de Liège”, qui inclurent certains domaines du comté de Namur, écrivait vers 1642 que “l’entrée, couverte d’un Pavillon et défendue par une Tour quarrée, fait face une belle avenue, qui s’avance du côté de l’Orient dans les champs chargés de moissons. La Cour est grande, et bordée de beaux bâtiments, dont le principal est un gros Pavillon, accompagné d’un cul-de-lampe en saillie, qui renferme la Chapelle; ce Bâtiment, qui sert de Corps de Logis, est défendu vers l’Occident par une Tour, dont la vue est sur un Jardin potager, qui n’en est séparé que par le Fossé”. On n’entrait donc pas par l’entrée actuelle orientée au sud-ouest, bordée de grands arbres, mais plutôt dans la perspective de la ferme castrale qui borde le château et ses dépendances, vers le sud-est.
 
Réédifié en 1815
Ce qui est certain, c’est que le château fut réédifié par le baron Joseph-Augustin de Woelmont (1768-1840) en 1815 et 1816. C’est lui aussi qui paya la construction de la nouvelle église Saint-Martin de Cortil-Wodon en 1822. Et ce sont toujours les Woelmont, grands bienfaiteurs du village de Cortil dont dépend Hambraine, qui édifièrent en 1848 ce qui fut la plus petite école du royaume; on le doit, dit-on, à la volonté de la baronne Joseph-Augstin, née Catherine de Coppin de Conjoux. L’école se trouve le long de la chaussée menant d’Eghezée à Huy et Andenne. Le couple eut quatre enfants. Leur fils Ferdinand-Philippe (1815-1875) sera le dernier mâle de cette branche d’Hambraine. Il avait épousé la baronne Eugénie de Copis. Madame décéda peu après. Les auteurs précités signalent que les souvenirs furent transférés au château de Conjoux. Hambraine fut alors hérité par un cousin, Charles-Honoré de Liedekerke de Pailhe (1837-1900), dont l’épouse Marie de Villers avait une mère Woelmont. Leurs deux fils, Albert et Florimond, héritèrent ensemble, et en 1927 Florimond prit la partie des bâtiments avec 66 ha. Le bien était toutefois loué depuis 1922 à Félix Devaux, importateur de Ford et de Nash, qui finit par acheter Hambraine et porter le domaine à 83 ha.
 
Obligé de détruire
En février 1944, le sieur Devaux céda le domaine au comte Alfred de Baillet-Latour qui avait épousé Mme Micheline Yu. Alfred avait une mère Spoelberch, mais il ne fut pas inspiré comme tous ses cousins actuels, qui sont des sauveteurs de notre patrimoine architectural. Il laissa le château à l’abandon jusqu’au jour d’une vente le 2 août 1949 à la puissante famille Leroy de Forville, qui l’acheta à condition que le château soit mis par terre. Cela fut fait. Depuis 1960, le domaine, qui compte près de 20 ha, a été repris par les Isaac et Madame née Mathy. Ils tiennent cette propriété à l’œil et aux petits soins. Il reste quelques arbres superbes dans le parc “même si le hêtre pourpre est tombé il y a deux ans et qu’un énorme tilleul chut voici quinze jours”, nous dit le docteur Isaac.

On ne visite pas le château, ou plutôt sa dépendance, par contre il faut aller à l’arrière, pousser l’aventure vers la ferme que soigne avec affection de Françoise de Backer. S’y trouve désormais “La Porte du Pélerin”, lieu de ressourcement, d’artisanat, de culture biologique et de sauvegarde d’un patrimoine vert remarquable, à savoir un chêne de 500 ans sans doute dont le diamètre est de 36 mètres.
 
www.laportedupelrin.com. 081. 83. 43.01.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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