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06/06/2015

Jardins champêtres

la libre,momento,dehors,jardin,champêtre,sauvage,plantesLe concept du jardin champêtre revient à la mode. Des espaces à l’apparence sauvage où la nature semble avoir la main libre.
 
Inspiration: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


LES REPORTAGES SUR le Chelsea Flower Show à Londres ainsi que les magazines spécialisés dans les jardins exhibent de magnifiques photos où champs de fleurs, vagues de graminées entremêlées d’ails et de digitales font rêver jusqu’aux moins poètes d’entre nous. Face à ces réalisations, les amateurs de jardins spontanés et de simplification du travail reprennent espoir. Ensauvager son jardin pour se rendre la vie plus facile et y ajouter un peu du charme des champs et des sous-bois est assez tentant. La prairie fleurie en est probablement la quintessence. Que ceux qui l’ont expérimentée soient seuls habilités à départager la part de rêve et de cauchemar qui s’y dissimule.
 
Nul besoin d’habiter une chaumière pour réaliser un tel jardin. C’est plutôt le style des plantations qui le distingue des autres et apporte la note bucolique. Il évoque une sorte de chaos ordonné davantage dû au hasard qu’aux soins du jardinier. Garni de plantes foisonnantes, il adopte un air négligé qui contrarie toutes les règles du jardin classique. Les plantes y sont serrées, les arbres s’étalent négligemment. Les lieux ne se révèlent pas d’un seul coup d’œil. Il faut prendre le temps d’y flâner pour en percevoir tous les détails et toutes les merveilles. Les couleurs y sont généralement vives et semblent disposées au petit bonheur la chance. Le style de plantation et l’allure bon enfant suggèrent un entretien simplifié et constituent un excellent choix pour ceux qui manquent de temps.
 
Une gestion allégée
Une gestion du jardin moins contraignante, est-ce possible ? Comment y parvenir ? Quelques plantes accommodantes en mélange avec celles que les champs et les bois nous offrent peuvent nous y aider.
Par principe, ou par habitude, le jardinier n’aime pas le désordre. Il éprouve même une réelle fierté à faire admirer son jardin tiré à “quatre épingles” où l’espace est civilisé. Il va donc lui falloir saisir tout l’intérêt de cette autre façon de procéder. La technique s’inspire du comportement des végétaux dans la nature sans pour autant que le résultat n’aboutisse à une broussaille inextricable.
Avec ce type de plantations, le jardinier ne bine plus, ni ne bêche. Il gère ses ouailles en bon père de famille, enlevant ici, encourageant là, dégageant un pied ailleurs pour maintenir un développement équilibré de l’ensemble.
 
S’inspirer de la nature
Quand on observe comment les plantes s’assemblent dans la nature, on s’aperçoit qu’elles poussent librement les unes dans les autres, s’enchevêtrant jusqu’à couvrir parfaitement le sol. Pourtant, chacune parvient à s’exprimer le moment venu. Rien à voir avec les jardins où elles sont séparées en masses bien distinctes, la terre nue et propre entre chacune d’elles.
Il s’agit donc de recopier ce système et de juxtaposer des plantes dont le mode de végétation, en touffe ou en tapis, est bien différencié.
Toutefois, pour que la composition soit réussie, il est indispensable de débarrasser le sol au préalable de toutes les mauvaises herbes vivaces — encore faut-il s’entendre sur le terme — avant de planter.
 
Mariages
Tout l’intérêt réside dans l’association des plantes. S’il faut bien évidemment tenir compte de leur mode de végétation, leur période de gloire et leur aspect tout au long de la saison importent aussi dans l’assemblage. Ces groupements de végétaux peuvent alors assurer le décor du jardin de manière naturelle et durable.
En matière de sol et d’exposition, les consignes restent identiques. Les plantes choisies doivent être adaptées à votre terre et bénéficier de l’ensoleillement qui leur est nécessaire.
 
 
Recettes
 
En sous-bois
On a tous en mémoire des nappes de jacinthes en sous-bois. La visite du bois de Hal, lorsqu’elles sont en fleurs, est une expérience inoubliable.
Pourquoi ne pas reproduire cette scène chez soi ? Et la prolonger ensuite en associant à ces délicates clochettes bleues une autre plante qui les relaie, tout en couvrant le sol pour empêcher l’installation d’indésirables. Les Hyacinthoides non scripta sont plantées avec des Geranium macrorrhizum. Les jacinthes fleurissent au printemps avant que l’ombre ne soit trop épaisse. Les géraniums les suivent. Au fil des années, ils forment un tapis de feuillage et ne gênent nullement la croissance des bluebells. Ajoutez une petite pointe de Geranium robertianum et le tour est joué. Ce sauvageon a tendance à proliférer mais s’enlève sans difficulté. Ensemble, ils dissimuleront le feuillage jaunissant des bulbes.
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Au soleil
Dans une situation plus dégagée, un mélange de plusieurs plantes vivaces, de graminées et de bulbes égaye le jardin pendant un long moment. Les hémérocalles se combinent sans difficulté aux petits narcisses. Ils font assez bon ménage car ils possèdent, tous deux, de longues feuilles linéaires. Les premières sont pourvues de racines, et les seconds étant des bulbes, ils ne se concurrencent pas. Quelle que soit la variété de narcisse choisie, ils fleurissent de toute façon avant les hémérocalles. Le feuillage des uns cache la fanaison des autres. Quelques touffes de graminées – Molinia caerulea ou Stipa calamagrostis – pas trop hautes animent la scène en automne, en compagnie, pourquoi pas, d’anémones du Japon. Digitales et marguerites s’enracinent différemment, ce qui leur permet à elles aussi de vivre côte à côte, glissez-y quelques plants de Geranium pratense pour la note de bleu en début d’été.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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