Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

07/06/2015

Ommerstein à Rotem a retrouvé sa fraîcheur

la libre,momento,vie de château,ommerstein,rotem,châteauCette belle maison du XVIIIe siècle a été récemment restaurée à grands frais. L’endroit est superbe mais pas assez isolé.

Philippe Farcy


ON NE VOUS CACHERA PAS que le Limbourg est, avec le Condroz, l’une des régions les plus denses, outre les périphéries de Gand et Bruges, en contenance castrale. Petits ou grands, les châteaux pimentent les villages de leurs grâces ancestrales et sont des témoins privilégiés des temps passés.
 
Rotem, il y a une dizaine d’années, avait un peu piètre allure, mais les bâtisses, château et dépendances d’entrée étaient dans leur jus. On ne va évidemment pas se plaindre d’une restauration en profondeur d’un immeuble de ce genre, mais à trop restaurer, parfois, un bien perd de son charme. La patine du temps est un avantage.
 
À Rotem, on trouve, outre cette demeure de prestige, les restes d’une tour médiévale en pierre de sable qui tenait encore debout au XVIe siècle et dont il ne reste que quelques pans de murs; c’est le Bergkelder qui fut lié un temps avec le domaine qui nous occupe ici. Un lien avec le fief d’Olmen a également existé mais sa teneur n’est pas claire.
 
Rotem a donc été remis en parfait état et le vaisseau, qui domine un bel étang, est reparti pour cent ans si on le soigne un peu. Le parc est grand, planté de beaux arbres comme un cèdre bleu et un cèdre du Liban; il longe la nationale qui descend vers Lanaken.
 
Le château actuel de style néo-classique, peint en jaune, comme celui de Dilsen (n°244), situé presque en face, est un empilement d’ajours divers depuis le XVIIIe siècle. Il est présent sur la carte de Ferraris et on sait qu’avant de s’appeler Ommerstein, il fut nommé Biesenhof, puis encore à partir du XVe siècle le Kesselhof, du nom de la famille qui détint la seigneurie au départ de son histoire.
 
À l’origine, le château se limitait à un plan massé et presque carré, de cinq travées de côté. Puis, on lui adjoignit une aile formant un L. Une tour d’angle, sommée d’un bulbe rare en ce format dans la région, pourrait être très ancienne; sauf erreur, elle serait datée de 1517. Pour finir, on compléta le décor avec deux pavillons typiques de la Belle-Époque; ils tiennent un peu de Deauville et plus que de la vallée de la Meuse, si proche. Les grilles, imposantes, ont été refaites à neuf.
 
Pour en revenir aux résidents de cette villégiature, le site de la Région flamande pour le patrimoine indique que les Kessel sont signalés, ici, depuis au moins 1380. En fait de villégiature, il devait y avoir mieux. Mais dans les Communes de Belgique, d’Hervé Hasquin, ce sont les Heinsberg qui inaugurèrent la ligne des possesseurs, juste avant les Kessel.
 
Par mariage, le bien échut à Arnold de Kriekenbeek, époux de Catherine de Kessel. Cela nous place en 1428. Il faudra attendre le milieu du XVIIe siècle pour obtenir d’autres éléments. Les Kriekenbeek sont-ils restés maîtres de céans  ? C’est possible, mais ce n’est pas certain non plus. Quoi qu’il en soit, le fief est signalé dans les mains d’Élisabeth de Goldstein, qualifiée de dame d’Ommerstein et de Rothem (y-avait-il un château à Rotem ?).
 
En 1793, le château, qui était tout récent, a été vendu à un citoyen de Maestricht, le sieur Smeets, avocat de son état. Ensuite de quoi une fille Smeets épousa le baron de Schiervel faisant passer le domaine dans cette famille. Le baron fut mayeur de Rotem et gouverneur du Limbourg de 1834 à 1857.
 
Leur fille épousa ensuite le chevalier de Moreau de Bellaing, famille originaire du Nord de la France, vers Valenciennes. Les Bellaing gardèrent Ommerstein jusqu’il y a une dizaine d’années, peut-être quinze; le temps passe si vite…
 
 
Ph.: Ph. Fy.

Les commentaires sont fermés.