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13/06/2015

Nouvelle génération

La Libre, Momento, Autoportrait, Marc-Philippe CoudeyreDiplômé de l’Académie royale d’Anvers, Marc-Philippe Coudeyre est un créateur franco-allemand. Avec Jan Verheyen, il a créé la maison “HAUS Coudeyre”, une enseigne 100 % belge dans son positionnement créatif.


MARC-PHILIPPE COUDEYRE

Le 1er août 1975 : ma naissance à Aberdeen, en Ecosse. Je suis Franco-Allemand; mon père est Français, ma mère Allemande.
 
Juin 2002 : je suis diplômé en Architecture à l’université de Stuttgart, en Allemagne.
 
Juin 2007 : je suis diplômé de l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers. C’est une date importante pour moi car ce n’étaient pas des études faciles et ça a pris beaucoup de temps dans ma vie.
 
Juillet 2007 : je suis nommé responsable de la première ligne Natan/Edouard Vermeulen, sur laquelle je travaille toujours actuellement. J’ai eu la chance de commencer à travailler directement après mes études.
 
Août 2010 : les débuts de ma marque “HAUS Coudeyre” que j’ai lancée avec mon partenaire, Jan Verheyen.
 
 
UN EVENEMENT DE MA VIE
 
La naissance de ma nièce Charlotte, il y a cinq ans. Elle est le premier petit-enfant dans ma famille, c’est une nouvelle génération qui arrive.
Cela m’a complètement bouleversé. J’adore les enfants, et accueillir un enfant dans le monde, ça vous remet les pendules à l’heure tellement c’est beau.
Cette naissance a eu une énorme influence sur la manière dont je me vois aujourd’hui. Le fait que Charlotte soit là m’a permis de voir clair dans ce que je veux exprimer. Indirectement, inconsciemment, il est fort possible qu’elle ait eu une influence sur ma création. Lorsqu’une nouvelle génération arrive dans une famille, une nouvelle perception autour de la vie se crée. Professionnellement aussi, je vois les choses de manière plus claire désormais.
Cela me fascine d’être le témoin d’une telle pureté, d’une telle innocence chez un enfant.
 
 
UNE PHRASE
 
“On ne voit bien qu’avec le cœur.” Antoine de Saint-Exupéry
Extrait du “Petit Prince”
Faire les choses avec le cœur, c’est important pour moi. Je préfère avoir des rapports honnêtes avec les autres.
 
 
TROIS LIVRES
 
“On ne badine pas avec l’amour”, d’Alfred de Musset
C’est un livre que j’aime beaucoup. Je l’ai lu il y a très longtemps, quand j’étais encore à l’école. C’est un tout petit bouquin qui est à la fois dramatique et comique. Ce que j’en ai retenu, c’est qu’il faut absolument traiter tout le monde avec respect.
 
“Homo Faber”, de Max Frisch
Il s’agit d’un livre qui a une vision très cartésienne du monde. Le héros fait face à des circonstances complètement incroyables. Ce livre m’a vraiment marqué parce que je pense qu’il y a toujours des imprévus dans la vie et que, donc, il faut avoir une vision plus large que juste penser que tout peut s’expliquer. On ne peut pas tout expliquer de manière rationnelle.
 
“Siddhartha”, de Hermann Hesse
Ce livre me tient particulièrement à cœur. Il parle d’un jeune homme, en quête de lui-même, qui va vivre plusieurs situations dans sa vie. Je trouve cela magnifique parce que, finalement, la vie, c’est toujours essayer d’être le plus proche de soi-même, quelle que soit la situation. J’ai eu beaucoup de chance dans mon enfance, nous avons vécu en Indonésie, aux Emirats arabes unis, en France, j’ai fait mes études en Allemagne puis j’ai atterri en Belgique… J’ai beaucoup voyagé et j’ai la chance d’avoir du recul par rapport à la société et à un tas de stéréotypes. C’est très beau d’essayer de se rapprocher au plus profond de soi-même. Je ne joue pas un rôle, mais il est important de pouvoir s’adapter. La vie ne reste pas figée, on rencontre plein de situations différentes et il faut pouvoir être flexible par rapport à ces situations. C’est dommage de rester figé sur ses opinions.
 
 
TROIS FILMS
 
“Le mépris”, de Jean-Luc Godard
J’ai vu ce film il y a dix ou quinze ans, je l’adore. C’est l’histoire d’un couple interprété par Michel Piccoli et Brigitte Bardot, dans les années 70, qui arrive sur un set de tournage d’un film sur Ulysse et Pénélope. C’est tragique et beau en même temps. La légende grecque se mélange au fur et à mesure du film avec le quotidien du couple. Ça parle de sentiments et ça se termine très tragiquement. Le film évoque tellement de choses. Les images sont magnifiques, la musique aussi. On se dit qu’il faut profiter un maximum de ce qu’on a parce que tout peut finir très vite. Finalement, cette légende d’Ulysse et Pénélope est valable aujourd’hui encore.
 
“Chinatown”, de Roman Polanski
C’est une histoire de détectives en Californie, dans les années 40. Il y a à nouveau une histoire très compliquée d’amour, de sentiments, mais avec plusieurs couches cachées, que l’on découvre au fur et à mesure que l’on avance dans le film. Ce film est extrêmement esthétique. La vie, c’est comme du théâtre, mais il faut se rappeler que les choix que l’on fait et les décisions que l’on prend peuvent avoir des conséquences. Il faut être responsable de ses actes.
 
“Drive”, de Nicolas Winding Refn
Un film beaucoup plus récent, avec Ryan Gosling. Ce qui m’a frappé dans ce film, c’est la solitude et le dépaysement total que j’ai ressentis. Il raconte une histoire d’amour impossible. Les images sont magnifiques. Ce film a réussi à montrer des sentiments et une histoire pratiquement sans dialogues, uniquement avec des images et de la musique. C’est spectaculaire de pouvoir raconter une histoire avec du son et des images d’une manière aussi subtile et émouvante. J’ai vraiment été bouleversé par ce film.
 
 
TROIS LIEUX
 
Abou Dabi
J’ai grandi là dans les années 80. A l’époque, ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui. J’ai des souvenirs de camping avec mes parents dans ce pays désertique où on cherchait des roses de sable; ma sœur s’est fait piquer au pied par un scorpion; on faisait de la plongée sous-marine… Ça a été une enfance merveilleuse. En tant qu’enfant, j’avais l’impression d’être en lien avec la nature. C’était exceptionnel. On pêchait des poissons et on faisait des barbecues sur la plage. C’était presque irréel. Ces cinq années ont été magiques.
 
Anvers
J’ai passé quatre années à l’Académie royale d’Anvers. Ça a été l’étape de ma vie où j’ai tout appris. C’est une école très exigeante, dure, mais avec un programme tellement riche et chargé que j’ai l’impression que, durant ces années, j’ai vécu une histoire incroyable faite de rencontres avec des étudiants, des professeurs… On cherchait au plus profond de soi son identité pour la traduire en dessins, en matières, en couleurs, en vêtements… C’était une période particulièrement intense qui a forgé qui je suis aujourd’hui. La création est un processus assez douloureux, il faut trouver un moyen de s’exprimer, c’est ce que j’ai appris à faire à Anvers.
 
Pas encore déterminé
Je pourrais dire tout et n’importe quoi, mais je n’ai pas encore choisi de troisième lieu. Je me dis qu’il est encore à venir, que je vais seulement le découvrir. Je laisse donc la question ouverte car je suis convaincu qu’il y aura encore quelque chose.
 
 
UNE DATE
 
Le 11 septembre 2001
Je me souviens de tout ce que j’ai fait ce jour-là. J’étais en excursion à Rome avec l’université d’architecture. On a vu les images à la télé, on pensait que ce n’était pas vrai, que c’était un film… Il y a eu une prise de conscience que ce monde ne tournait plus rond. Plus rien ne sera jamais plus comme avant.
Toute la haine des hommes s’est manifestée alors que si ça tombe, comme le défendent certains philosophes athées, tout ça est basé sur une civilisation qui a créé son ordre autour d’un mythe… C’est terrible quand on y pense.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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