Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

21/06/2015

Le Saint-Paul sous une bonne étoile

La Libre, Momento, Vie de château, Saint-Paul, LummenCet ancien restaurant réputé de la région de Hasselt est redevenu une maison privée depuis 2005.

Philippe Farcy


POUR CEUX QUI CONNAISSENT un peu le Limbourg et la région de Hasselt en particulier, Lummen demeure l’une des communes les mieux dotées en terme castral. On a déjà traité ici du château des Moffarts devenu une fondation culturelle et nommé “Le Hamel”. Puis, il y a le “Burcht”, fief des La Marck puis des Claes et enfin des Briers de Lumey. Celui de Loye, aux Fabribeckers, est la deuxième perle de l’Ancien Régime en Principauté de Liège qui subsiste dans des conditions remarquables sur ce village compris entre le Demer et le canal Albert.
 
Puis, il y a ce château dit également “De Langendal”, de type néo-classique, carré, chic et sobre, datant des années 1850, ce qui le rend très tardif par rapport à la modernité architecturale de son temps. Le nom le plus répandu que nous perpétuons ici est celui qui fut donné pour le restaurant étoilé au Michelin qui y prit place dans le dernier tiers du XXe siècle et jusqu’en 2005. Le “Saint-Paul”, détenu pendant 35 ans par Tony Robyns, répondait alors au “Scholteshof”, sublime endroit de Stevoort qui connut une fin égale à celui-ci : il passa sous le marteau de la salle de ventes “Amberes” d’Anvers en 2002.
 
Le château Saint-Paul fut vidé en 2005 et aussitôt vendu en 2006 par les consorts Haumont, Chaumeton et une société immobilière en faveur des Verbeeck, originaires de Tessenderlo et entrepreneurs. Tony Robyns allait décéder en 2008.
 
On sait que, sur le site, des bâtiments agricoles du XVIIIe siècle existent toujours. Mais y avait-il un château avant celui-ci ? Ce n’est pas sûr car, avant les Jacobs qui firent édifier cette maison de campagne à la date précitée, les textes ne renseignent rien qu’une vocation paysanne. Or, l’aïeul du bâtisseur, Jan Jacobs, avait acheté ceci déjà à la fin du XVIIIe siècle, avec son épouse Marie-Barbara Pottie et ce n’était que terres et vergers.
 
Les Jacobs furent des distillateurs de genièvre, très fortunés, ce qui explique leur besoin de poser un geste architectural de qualité. A tel point que le château, restauré parfaitement et réhabilité comme résidence privée, a été classé le 23 juillet 2009 (date de parution au Moniteur). Certaines sources disent que Paul Jacobs (marié à une Stellingwerff) s’en servait comme pavillon de chasse. C’est possible en effet car, au XIXe siècle, et notamment, ici, dans la proximité immédiate de l’immense abbaye d’Herckenrode, de nombreux territoires furent rendus disponibles par la suppression des communautés religieuses. Il se dit d’ailleurs que les vendeurs de 2005 possèdent encore une bonne centaine d’hectares dans une zone naturelle protégée à l’extrémité de Lummen vers Stokrooi.
 
Le château est de plan presque carré et composé de cinq travées sur deux niveaux et demi posés sur un soubassement ajouré. La toiture en pavillon couverte d’ardoises est privée de lucarnes mais percée de baies genre “Velux”. Les décors de pierre bleue habituels animent les baies et les perrons.
 
On ne visite pas, mais on aperçoit le château de la route, au fond d’une double rangée de chênes jeunes encore.
 
 
Ph.: Amberes 2005

Les commentaires sont fermés.