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21/06/2015

Sens et sensibiltité

la libre,momento,dehors,jardin,sensibilité,sensPar les émotions qu’il éveille en nous, le jardin a mille visages, tout à la fois étourdissants et émouvants.
Il fait appel à tous nos sens. A nous d’en jouer.

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur

JARDIN ET JARDINIER forment un duo toute l’année durant. Le mois de juin est l’apothéose et la consécration du savoir-faire de ce couple pas tout à fait comme les autres et de sa composition. Feu d’artifice de couleurs, de senteurs et de vie, le jardin parle alors plus que jamais aux cœurs et aux souvenirs de ceux qui le regardent dans sa splendeur. Bien davantage qu’une simple image réservée au seul plaisir des yeux, il plonge ceux qui le côtoient dans un univers très sensoriel. Qu’il suscite surprise ou sérénité, agitation ou plénitude, il ne laisse jamais indifférent et a plus d’un tour dans son sac pour émouvoir nos sens.
 
 
Mélodie aquatique
 
Il y a l’eau du ciel et ses gouttes musiciennes qui crépitent sur les feuillages. Et puis il y a l’eau qui coule, cascade, jaillit, bref anime le jardin. Un des sons naturels les plus reposants qui soit. Fontaine, jet, bassin, tous ces mots évoquent l’eau et ses effets variables sur nos sens. On ne peut s’empêcher de penser aux orgues aquatiques des grands jardins italiens ainsi qu’à leurs jeux musicaux.
 
De la pataugeoire à oiseaux à la mare en passant par les fontaines en bambou des Japonais appelées “shishi odoshi”, tout est possible et la panoplie vaste. Le “shishi Odoshi” désigne un dispositif dont le but était initialement d’effrayer les oiseaux et les bêtes nuisibles aux cultures. Ce type de fontaine est constitué généralement de bambous basculant avec le poids de l’eau et provoquant un bruit sec. Plusieurs modèles existent.
 
Grâce à la musique de l’eau, d’autres sons moins gracieux peuvent être atténués. Selon l’intensité, circulation automobile, voisinage et toute autre sonorité indésirable jusqu’au bruit de la pompe, elle-même, disparaissent !
 
L’eau attire une faune qui vient à son tour enrichir le paysage sonore.
 
 
La musique
 
Au jardin, la vue est le premier sens à être privilégié. Une fois n’est pas coutume, tendons l’oreille. Une foule de sons y résonnent alors. Les uns spontanés, les autres mis en œuvre par le jardinier. Les plus érudits reconnaissent les oiseaux du lieu à leur chant. Moins nombreux sont ceux qui parviennent à identifier les insectes en visite. Un tilleul en fleurs accueille d’innombrables abeilles au travail qui font vibrer l’air dans un bourdonnement impressionnant. Le bain de pollen du bourdon dans un pavot est bien plus discret. Le crissement des pas dans les cailloux trahit l’approche d’un visiteur. Le va-et-vient du râteau dans les graviers berce les méditations. Puis, vient le bruissement du vent. Quand, dans la chaleur assoupie de l’été un brusque souffle d’air fait plier les hautes herbes et bouger les feuilles, le jardin soupire. Le son varie selon la force des rafales et les végétaux qu’elles mettent en mouvement.
 
Le vent peut aussi faire tinter des objets suspendus aux arbres, verres, coquillages, bois, métal. Le carillon de bambous creux lorsqu’ils s’entrechoquent dans la brise produit un son mat et apaisant. Il rappelle le bruit des drisses des bateaux au mouillage quand le vent se lève. A tester au préalable.
 
 
Les couleurs
 
Lorsqu’il s’agit d’associer les couleurs, seule compte votre opinion. Ce qui vous plaît, conviendra à votre jardin. Tout en sachant que leur utilisation déclenche des sensations particulières. C’est pourquoi les plans trop délirants aboutissent parfois à d’amères déceptions. Si vous souhaitez rester en mode consensuel sans pour autant vous priver d’un léger grain de folie, voici quelques règles de base.
 
Employée à petite dose, une couleur intense met en valeur les étendues pastel. Ces mêmes tons vus de loin ont tendance à se fondre les uns dans les autres. Le rouge et l’orange rapprochent. Le vert est neutre et reposant. Il sert de lien entre tous les autres tons. Les bleus et les violets donnent de la profondeur. Des couleurs provocantes qui contrastent avec un dessin formel théâtralisent, tandis qu’à l’inverse les harmonies chromatiques apaisent. Sachez que de surcroît la perception des couleurs varie selon les individus.
 
 
La lumière
 
Si l’ordre des saisons est immuable, la lumière varie avec elles et selon l’heure du jour. Diaphane à l’aube, cristalline ou rasante en fin de journée, elle transforme l’aspect des végétaux. Les aiguilles du Taxus l’absorbent, tandis que les feuilles du camélia ou du lierre la réfléchissent. Le ressenti du spectateur diffère à chaque fois. Selon son intensité et sa qualité, atmosphère et couleurs changent.
 
Quand l’orage menace ou que le ciel s’assombrit, le jardin prend un caractère dramatique. Sous la lumière des midis d’été, il semble écrasé de chaleur. Le passage de l’ombre à la lumière et, par voie de conséquence, de la fraîcheur à la chaleur est un facteur dont beaucoup de paysagistes jouent pour faire vivre leur réalisation. La lumière en contre-jour lorsqu’elle nimbe les végétaux d’un halo lumineux, transforme l’image du lieu et l’impression qu’il procure.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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