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11/07/2015

Sur la route de la Grande Vadrouille

la libre,momento,escapade,bourgogne,grande vadrouille,film,tournage,lieux,50 ansEn mai de l’année prochaine, la Bourgogne fêtera le demi-siècle de “La Grande Vadrouille”. Flash-back et zoom arrière sur les lieux de tournage d’un film qui a été durant plus de trente ans en tête du box-office.

Silence, on tourne: Thierry Delgaudinne


LA CÔTE-D’OR EST UN GRAND plateau de tournages mais c’est surtout “La Grande Vadrouille” qui a marqué les esprits. Aujourd’hui, voir des endroits où Bourvil et de Funès ont tourné est la cinquième raison de la venue des touristes à Meursault. Action !
 
Beaune, clap 1re ! Place du docteur Jorrot, on remarque sur la façade d’une maison, une grande fresque : “Reprenant une photo du tournage, elle a été réalisée pour les trente ans du tournage”, raconte Annick Piombino, de la Table de Guigone, établie sur la place. “On y reconnaît Gérard Oury, Louis de Funès et Bourvil.
 
On quitte alors la place du docteur Jorrot, tout en sifflotant : “Tea for Two”. On marche dans les rues de la ville “couleur vin”. Il s’agit bien de la capitale des vins de Bourgogne, ville-phare de la prestigieuse côte de Beaune.

On arrive à l’hôtel-Dieu, autrement dit les fameux hospices de Beaune. Remarquables sont les tuiles vernissées, l’impressionnante salle des “pôvres”, la pharmacie et ses faïences. “C’est le 31 mai 1966 que les acteurs arrivèrent à l’hôtel-Dieu”, explique Véronique Beigenger, de l’Office du tourisme de Bourgogne. “Ils sont impressionnés par ce décor grandiose. De Funès n’a pas résisté à sortir sa caméra pour capter l’instant, d’autant que Bourvil faisait le zouave devant l’objectif de son complice.
 
Plusieurs scènes ont été tournées à l’hôtel-Dieu, notamment celle où Mary Marquet, campant une religieuse, demande à l’officier anglais : “Dites trente-trois.” Et Terry Thomas de lui répondre : ‘Thirty-three, thirty-three…
 
La coiffe des religieuses
C’était l’époque où les bonnes sœurs ne s’habillaient pas encore comme des infirmières. Ainsi, à partir de modèles authentiques, chaque actrice nonne était couverte comme il se doit. Mais lorsque la mère-supérieure des Hospices vit arriver Andréa Parisy, la tête serrée dans une petite coiffe austère, elle leva les bras au ciel, prit aussitôt toiles et épingles, puis entreprit elle-même de mettre en place la fameuse cornette ! La comédienne confia chaque jour sa coiffure à ces mains expertes. Ensuite, après Beaune, la troupe est partie à Meursault. Tous ceux qui ont vu le film se souviennent de l’incendie devant la mairie.
 
Après avoir parcouru 5.000 kilomètres en voiture et en avion, l’assistant-réalisateur a choisi Meursault pour deux raisons”, raconte Véronique Beigenger. “C’était le seul village bourguignon aussi typique ayant une grande place devant la mairie et il y a surtout le cri du cœur pour cette vieille voiture de pompiers, Renault 1906. Elle est aujourd’hui toujours en état de marche.”
 
A midi, acteurs et techniciens se retrouvaient au restaurant “Le chevreuil”, pas loin de la place. Autant dire que les Bourguignons étaient ravis de recevoir ces étoiles. “Un jour, à Marsannay, Bourvil sort de sa DS devant un restaurant”, continue Véronique Beigenger. “Il est de suite encerclé par un groupe d’enfants. La rumeur se répand et, rapidement, l’acteur doit se cacher derrière un paravent pour manger. Dans un journal local, il dira : ‘Je ne peux pas entrer dans un bar-tabac sans que les gens m’invitent à boire un verre. Je ne peux pas refuser. A tel point qu’à la fin de la journée, j’envie Gabin ! Personne n’ose l’approcher lui’.
 
Toujours dans le même journal, au journaliste qui leur demandait quel souvenir ils garderaient de la Bourgogne, Bourvil et de Funès répondirent de concert : “Nous avons commandé quelques caisses de vin !
 
 
Le créateur du blanc-cass
 
La Bourgogne a plus d’une fois donné au cinéma. Ainsi, en 2001, Flavigny-sur-Ozerain a accueilli l’équipe du tournage du film “Le Chocolat”, de Lasse Hallström, avec Juliette Binoche et Johnny Deep.
Des scènes de ‘Cyrano de Bergerac’, de Jean-Paul Rappeneau avec Depardieu, Perez et Weber, ont été réalisées à Dijon à l’hôtel de Vogüé”, explique Véronique Beigenger, de l’Office du tourisme de Bourgogne. “Des séquences de ‘Voir la mer’, de Patrice Leconte, ont aussi été tournées à Dijon. La région accompagne également les courts-métrages, les documentaires ou les fictions télévisées.”
Eh oui, la Bourgogne, terre d’accueil du cinéma français mais aussi terre fertile car les Rappeneau, Marielle, Maillan ou encore Feuillière y ont passé leur enfance. D’autres noms célèbres aussi, sujets de films ou proches du cinéma : Colette, Eiffel, Pagny, Saint-Just.
 
Enfin, un homme particulier qui aurait été et est toujours un excellent sujet de film, ressemblant étrangement à Don Camillo, le chanoine Félix Kir. Personnage truculent, homme de foi et de paradoxe, Kir était un fin communicateur à faire pâlir d’envie un publiciste des Trente Glorieuses.
 
Félix Kir a porté haut l’uniforme militaire autant que la soutane ou l’écharpe de maire… Profondément croyant, il savait parler crûment à celui qui osait mettre en doute l’existence de Dieu : “Et mon cul, tu l’as vu ? Et pourtant, il existe !
 
En juin 1940, pour pallier l’absence d’un maire, il ceint l’écharpe mayorale de Dijon. Il permet ainsi à 5.000 prisonniers de fuir le camp de Longvic. En 1946, il est élu à la mairie et réélu en 1947, 1953, 1959 et 1965. Il sera aussi député durant une vingtaine d’années.
 
On lui doit le lac et la célèbre boisson, les deux portants son nom.
 
 
Ph.: Thierry Delgaudinne

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