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12/07/2015

Mini, minimum: il en faut vraiment peu pour faire un jeu

la libre,momento,ludo,jeu,minimalistePetit, simple et intrigant, le jeu minimaliste se fait une place au soleil.

Maître du jeu: Yves Cavalier


LA VAGUE MINIMALISTE déferle sur la plage ludique. Le phénomène n’est pas tout neuf mais c’est un véritable créneau qui se dessine dans le secteur du jeu. Certains parlent de “microjeux” mais, entre mordus, on préfère généralement l’expression “jeu minimaliste” pour évoquer ces ovnis ludiques qui tiennent en général dans la paume de la main et qui ont trouvé leur place sur le marché et dans le cœur des joueurs.
A priori, on voit assez bien de quoi on parle.

Le jeu minimaliste comporte un minimum de matériel, un minimum de règles et occupe un minimum de place dans la ludothèque. Mais si la définition s’arrêtait là, il n’y aurait pas grand-chose de neuf dans tout cela. Les soldats romains qui ont joué la tunique du Christ aux dés, pratiquaient le jeu minimaliste. Qu’y a-t-il de plus simple qu’un jeu de dés ? Et Le Caravage ou Cézanne ne se sont-ils pas glissés dans la peau d’un chroniqueur ludique lorsqu’ils ont peint les “Joueurs de cartes” ?
 
A ce titre, les dés ou les cartes sont les représentants les plus anciens mais aussi les plus universels des jeux qui se glissent dans la poche.
Sans compter que, sur la base d’un matériel simple, quelques dés et une cinquantaine de cartes, on a multiplié à l’infini les possibilités de jeu.

Et que dire alors des jeux qui sont nés dans d’autres cultures comme l’awalé que l’on joue en Afrique ou en Asie depuis des lunes et des lunes avec quelques coquillages, quelques cailloux ou quelques haricots?
 
Pour faire la différence, il fallait donc qu’il y ait quelque chose de plus dans le jeu minimaliste afin qu’on puisse y voir un phénomène. C’est vrai qu’on pourrait parler d’une forme de retour aux sources.

Le minimalisme n’est peut-être qu’une réaction au “maximalisme”. Avec le succès croissant que connaît le jeu de société depuis une quinzaine d’années, le monde des créateurs et des éditeurs s’est efforcé de faire toujours mieux, et souvent toujours plus, pour séduire un public de plus en plus large et de plus en plus sollicité. On a agrandi les plateaux de jeu, on a multiplié les petits pions en bois de toutes les formes et de toutes les couleurs, on a imaginé des jeux dans le jeu et on a développé des extensions qui permettent de démultiplier le plaisir du jeu.
Et souvent, de prolonger les parties qui occupent régulièrement toute une soirée…
 
Et puis c’est un peu comme si, un jour, quelqu’un avait crié : “Stop !”. Comme si quelques-uns s’étaient mis à prendre de la hauteur pour se demander : “Finalement, c’est quoi l’essence d’un jeu ?”. On s’est mis à chercher et à isoler l’élément qui, dans un jeu, fait monter l’adrénaline : le suspense, l’aléa, la tension, le bluff…
Bref, l’interaction entre joueurs. Car, finalement, c’est cela le cœur d’un jeu en société, sinon on se contenterait de faire des réussites sur son PC.
Dans ce registre, il y a pas mal de pionniers.

Depuis des années, les “Loups garous de Thiercelieux” parviennent à faire jouer une quinzaine de personnes avec quelques cartes. Le phénomène a fait le tour du monde au point qu’il nous revient aujourd’hui avec, dans ses bagages, un vent de fraîcheur venu d’Asie, plus spécifiquement du Japon. Les auteurs Jun Sasaki avec “Hattari” ou “Kobayakawa” et Seiji Kanai avec “Love Letter” ont apporté un petit quelque chose en plus, un raffinement issu d’une autre manière de penser le jeu et qui a déjà fait pas mal d’émules sur notre vieux continent.
 
 
DU CACAO EN FAMILLE
Un petit jeu familial rapide, plein de couleur et qui sent bon le chocolat ? C’est “Cacao”, un jeu qui plaira aux amateurs de “Carcassonne” puisqu’il s’agit de poser des tuiles de manière telles qu’elles nous permettent soit d’obtenir des cabosses de cacao, soit de le vendre à des prix variables, soit d’obtenir des primes en or ou en points d’irrigation. C’est simple, limpide et plus profond qu’on pourrait le croire. Les stratèges apprécieront également même s’il y a une bonne part de hasard dans le tirage des tuiles.
Cacao, 45 min., dès 8 ans, 33 €.
 
ON EST TOUS POILUS
La Grande Guerre n’a pas inspiré énormément d’éditeurs. Peut-être en raison de la gravité du thème. “Les Poilus” a relevé le défi sur un ton juste. C’est un jeu de coopération dont le but est de se sortir tous ensemble de cette grande galère. “‘Les Poilus’est un jeu coopératif qui se propose de parler des poilus de manière ludique”, indiquent les auteurs Juan Rodriguez et Fabien Riffaud. Un thème sérieux donc pour lequel ils avaient décidé d’apporter une note de légèreté en confiant les illustrations à un caricaturiste de talent. Malheureusement, Tignous mourra au combat par une journée de janvier dans les locaux de Charlie Hebdo…
Les Poilus, env. 30 min., dès 10 ans, 20€.
 
COLT EXPRESS, LA CONSÉCRATION
On a déjà évoqué ce jeu de plateau original puisqu’il se joue en trois dimensions dans un train de carton… Chacun programme les déplacements et les actions de son personnage. Ensuite, on convertit tout cela en réel et on constate qu’on tire dans le vide car le bandit est passé sur le toit du wagon… C’est chaotique à souhait mais c’est très fun et les enfants adorent. On en reparle aujourd’hui car ce jeu de Christophe Raimbault vient de remporter un des trophées du prestigieux “Spiel des Jahres 2015”, le jeu de l’année en Allemagne.
Colt Express, env. 45 min., dès 8 ans, 30 €.

08:30 Publié dans Ludo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, ludo, jeu, minimaliste | |

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