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26/07/2015

L’incroyable destin de Naxhelet

14_43_06_175959228_IMG_2513.jpgLes ruines de Moha pâlissent à l’ombre d’une petite bâtisse du XIXe siècle et d’une imposante ferme. Incroyable renouveau.


Dans la région de Huy, les points forts du patrimoine sont nombreux. Mais ils le sont plus sur la rive droite de la Meuse, vers le Condroz, que sur la rive opposée. La commune de Wanze est de celle qui est gâtée de ce point de vue, avec le superbe château de Vinalmont, l’abbaye du Val-Notre-Dame et même la maison communale abritée dans l’ancienne ferme Mottet.

Le point d’orgue historique, par ici, réside dans les ruines du puissant château de Moha qui veille sur la vallée de la Mehaigne. Puis, il y a sur le plateau qui domine la vallée, un domaine jusqu’il y a peu oublié de tous, à savoir Naxhelet. C’est un bien des Jolly, Bernard et Françoise pour les nommer, propriétaires d’une jolie maison non loin de Vinalmont, à Wanzoul. Grâce à eux, en avril 2014, le nouveau parcours de golf de Naxhelet est né. Et pour la Saint-Valentin 2015 ce fut le tour du restaurant, de l’hôtel et du Spa qui s’y trouve. Quatre ans de travaux ont été nécessaires pour préparer le projet et le mettre en œuvre. En arrivant sur place comme nous le fîmes la semaine dernière avec de jeunes touristes de Louvain en voyage de noces, nous sommes tous tombés sur notre céans devant l’ampleur du chantier, la beauté du site, le goût parfait des décors choisis par Françoise Jolly et la qualité architecturale des rénovations.

Ce qui vient de s’achever à Moha est tout simplement exceptionnel pour le patrimoine de la Région wallonne, pour le tourisme de la zone hutoise et pour l’économie locale.

Cinquante emplois ont été créés grâce aux Jolly qui sont des privés et pas des professionnels du tourisme. Ce qu’ils ont mis sur pieds ici est tout bonnement fantastique.

Et cela montre qu’avec de l’ambition, de la foi et un brin de fierté, il y a moyen en Wallonie de lancer des initiatives sportives et touristiques de qualité. Les Jolly ont eu, dès le départ, cette envie de travailler pour et avec l’économie locale, de faire du bio sur l’ensemble du site et du Belge.

Le château, en lui-même, n’est pas des plus passionnants. C’est une demeure presque carrée de deux niveaux et demi, large de trois travées.

Il date des années 1830.

Les étages sont séparés par des bandeaux larmiers et le tout est placé sous une toiture en pavillon. La demeure est, par ailleurs, jointive à une grange immense qui sert désormais de réception aux visiteurs. Il s’agit d’un élément de l’ancienne ferme qui, elle, remonte au début du XVIIIe siècle.

On accède à cet espace d’accueil en passant sous le porche caractérisé par son arc en anse de panier à chaînes et par un oculus circulaire aveugle. L’étage de l’ancienne grange est visible depuis son rez et on découvre alors une charpente magnifique. Une partie de l’espace est réservée aux membres. L’escalier contemporain permet d’arriver aux restaurant et bar installés au rez du château. La terrasse est, ici, bordée de vieux arbres et donne la vue vers une des quatre pièces d’eau du territoire. D’ici, également, on perçoit mieux la chapelle du château érigée en moellons de grès, à gauche du portail de la ferme. Elle a été transformée en deux chambres de haut standing.

La ferme, en elle-même, a été, pour sa part, totalement transformée. On y trouve d’autres chambres. Certaines donnent vers le “practice” en arc de cercle. Le site compte au total trente-cinq chambres de tailles différentes mais décorées avec un goût qui allie l’ancien des bâtisses à une modernité classique de très bon aloi. Les Jolly et leur architecte Valentiny ont prévu également des espaces de symposiums car le golf se veut non seulement un lieu de détente mais aussi un espace de travail pour les entreprises.

Du point de vue historique, on sait grâce à Marthe de Geradon qui a effectué des recherches sur Naxhelet, Moha et Wanzoul, qu’il y avait, ici, dès 1022, une position défensive pour protéger Moha. En 1311, la “ferme d’Aischelet” est signalée dans un acte; c’est l’époque où les terres avoisinantes sont partagées entre les abbayes de Floreffe et du Val-Notre-Dame.

En 1579, l’auteure signale qu’il y avait un abbé de Floreffe du nom de Gilles d’Aischelet; sans doute provenait-il de la contrée qui nous occupe. Sur la carte de Ferraris, vers 1775, la Cense est figurée mais sans château, ni chapelle. Ensuite, de 1800 à 1933, on sait que le domaine fut la propriété des Dochen ou Dochain puis des Lange.

Ce sont les Dochen qui érigèrent le château et la chapelle. En 1933, Ernest de Geradon acheta le château et la ferme, avec 69 ha de terres. Le domaine fut loué pendant presque tout le XXe siècle. C’était encore le cas jusqu’en 2004, en faveur de Philippe Limage. Les Jolly héritèrent Naxhelet de leur tante Marthe della Faille, née Geradon.

Naxhelet est définitivement “the place to be” dans un rayon de 50 km, entre sport, art de vivre, élégance et très bonne table.

Philippe Farcy

--> Visites hautement souhaitées et conseillées. Le restaurant, le Spa et l’hôtel sont accessibles à tous. Point n’est besoin d’être affilié à la Fédération de golf ou au club pour en profiter.

11:56 Publié dans Vie de château | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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