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25/07/2015

Un jardin “sobre” !

Après la vague de chaleur et la sècheresse de ces dernières semaines, il y a de quoi se poser quelques questions en contemplant les jardins.

Au jardin : Marie Noëlle Cruysmans
et Marie Pascale Vasseurchardon.jpg


Au début du mois de juillet, le soleil a “cuit” plus d’un d’entre eux. Que dire du moral des propriétaires ?

Certes, selon la littérature, il existe bon nombre de plantes tolérant le manque d’eau et un fort ensoleillement. La difficulté réside dans leur origine. Issues pour la plupart de régions désertiques ou méditerranéennes, elles ont le plus souvent en commun un amour inconditionnel des sols pauvres et drainés, ainsi qu’une grande sensibilité au froid.

A l’évidence, passer en revue les végétaux transfuges de contrées plus sèches n’est pas la solution. Car chez nous, ils doivent de surcroit survivre à l’infernal duo gel, humidité. Sans parler des vents glacials qui ont tôt fait de vous occire la belle du Sud. Quelques plantes non indigènes cependant ont déjà survécu à des épisodes difficiles sans trop faillir.

Reproduisez en les adoptant autant que possible les conditions de leur terre natale. Ce qui n’est pas toujours aisé. Reste qu’il faut avoir un caractère bien trempé pour supporter leur mine déconfite en cas de printemps et d’été mouillés.

Quelques conseils de culture

Installer des plantes pour terrain sec demande un peu d’attention pour garantir leur bonne reprise.

Le trou de plantation doit être assez large et un apport de compost est toujours le bienvenu surtout si la terre est pauvre. Une bonne pelletée pour les vivaces et plusieurs pour les arbustes.

Arrosez copieusement le jour de la plantation.

Si le temps est sec, paillez en adaptant le matériau à la plante. Un broyat convient à des arbustes, à une haie mais n’est pas bon pour des plantes comme des lavandes ou des sauges qui préfèrent des graviers ou des petits cailloux ou rien du tout. Pas de tontes de gazon fraiches au pied des plantes de sècheresse. De la paille de chanvre peut convenir éventuellement. Petit à petit, espacez les apports d’eau mais restez toujours attentifs à l’arrosage la première année. Une petite bruine n’est pas suffisante.

Dans notre pays, il est préférable d’installer ces plantes venues d’ailleurs après l’hiver, quand le temps s’est radouci et que le sol est réchauffé. Évitez les périodes trop pluvieuses surtout en terre lourde. L’humidité stagnante suivie de froid glacial est leur plus redoutable ennemi.

Arbustes xérophiles

L’oranger du Mexique (Choisya ternata) est un arbuste au port rond, originaire des régions semi-arides. Il a un feuillage brillant et persistant.

Au printemps, il se couvre d’abondantes fleurs blanches parfumées. Il peut être taillé.

Il se transplante assez bien, il faut alors le rabattre. Il supporte la sècheresse et n’est attaqué par aucun insecte. Le plus résistant est le Choisya ternata ‘Aztec Pearl’, son feuillage est plus découpé.

La Potentille (Potentilla fructicosa) est un arbuste caduc très répandu qui, lui aussi, supporte bien l’absence d’eau et se satisfait des sols les plus pauvres. La floraison est discrète et se décline en plusieurs couleurs ainsi que le feuillage.

La variété Potentilla fructicosa var. mandschurica est encore plus résistante que les autres aux situations extrêmes.

Le Perowskia, un intermédiaire entre vivaces et arbustes. Il repart de la souche et finit par former une masse ligneuse. Il provient d’Asie centrale. Il est surmonté en plein été par une masse d’épis bleus. Les terres trop riches le rendent un peu fou. Mieux vaut le confiner aux talus de terre maigre et brulée. La plante disparait en hiver. En avril, une taille à plus ou moins trente centimètres est nécessaire pour rendre la plante plus touffue.

Régime méditerranéen

Quand on sait que l’eau est le moteur principal de toute forme de vie au jardin, jardiner avec un minimum d’eau apparait comme un défi insensé. En outre, elle se fait plus rare en été lorsque les végétaux en ont le plus besoin. Restrictions, coupures, souci d’économie ou encore préoccupations environnementales conduisent les jardiniers d’aujourd’hui à mettre en œuvre des techniques ingénieuses pour préserver cette précieuse ressource et à y adapter leurs plantations. Mais il est bon de préciser que les plantes méditerranéennes n’ont pas les mêmes besoins en eau que celles de nos contrées.

Le plus souvent, l’été, elles entrent en dormance. Bon nombre d’entre elles répugnent alors à être arrosées car cette eau pourrait asphyxier leurs racines endormies. Aussi ne peuvent-elles vivre en harmonie avec un arrosage automatique. D’autres tolèrent l’irrigation pourvu que le drainage soit exemplaire. Le drainage est le mot d’ordre. S’il est insuffisant, les racines pratiquement inactives sont imbibées et pourrissent à la suite d’une pluie estivale. Il en est de même après les premières pluies d’automne qui suivent un été long et chaud.

Vivaces pour l’aridité

Les achillées, les lavatères, les sauges, les campanules, les scabieuses affrontent généralement la chaleur sans problème. Les floraisons sont écourtées et parfois décolorées. Le truc est de regrouper lors de la plantation dans un même massif celles qui demandent des arrosages (phlox, lobélias vivaces, marguerites, delphiniums, astilbes) et installer ailleurs les plantes moins exigeantes.

Les Sedum sont des succulentes qui se cultivent facilement au soleil ou à mi-ombre. Elles tolèrent bien la sècheresse, les sols pauvres et rocailleux et même les régions froides. Leur seule exigence  : un excellent drainage. Les années trop humides, leur feuillage est abimé par de vilaines tâches brunes qui les font dépérir. Leurs fleurs attirent les papillons. Quelques individus particulièrement endurants forment de magnifiques toitures végétales. Ils se multiplient par prélèvement d’une petite section et s’installent même dans les graviers.

Les Centranthus ruber, dites valérianes vivaces, portent de gracieuses fleurs rouges, blanches ou roses selon la variété, du printemps à l’automne. Dans les jardins qui leur conviennent, elles risquent d’être envahissantes et se ressèment abondamment. Les pieds en pleine terre s’arrachent sans difficulté quand ils sont installés parmi les pierres; les racines charnues s’immiscent dans la plus petite fissure, ce qui rend les choses plus difficiles. Elles méritent d’être utilisées dans tous les jardins. Elles sont très résistantes à la sècheresse. Il faut les rabattre pour favoriser une deuxième floraison. La variété blanche éclaire même les coins à mi-ombre.

Mariez les enracinements

Une autre façon d’éviter les soucis en cas de fortes chaleurs est de marier des végétaux qui ont déjà fait leur preuve chez nous et qui ont des modes d’enracinement très différents, profond ou superficiel. De sorte qu’ils n’entreront en compétition ni pour l’eau, ni pour se nourrir.

Le Nepeta s’étale en l’espace d’une saison sur un diamètre de 50 cm et fleurit à plusieurs reprises. Ses racines courtes ne gênent pas ses voisines. L’Erigeron karvinkianus a, lui aussi, un enracinement superficiel. Mélangez-le à des plantes à enracinement profond comme les chardons décoratifs (Echinops ou Eryngium).

Les valérianes (Centranthus ruber) et les fleurs de carottes (Daucus carota) ont, elles aussi, des racines qui descendent en profondeur. Le résultat est, un effet, d’entraide plutôt que de concurrence. Si votre sol est lourd, allégez-le.

C’est l’année de plantation qui est le moment délicat pour toutes les plantes quelles que soient leurs caractéristiques. Cet été, quelques végétaux fraichement plantés et copieusement arrosés ont pourtant souffert, la mine en berne présentant tous les symptômes du coup de chaleur. Ce n’est qu’au fil du temps que les racines s’établissent et s’enfoncent, l’arrosage devient alors moins nécessaire, les plantes plus autonomes.

 

 

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