Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

01/08/2015

Braffe, un heureux mélange de styles

Braffe 2 J  Germain 2004 001.jpgNous voilà à Péruwelz (Hainaut), pas par hasard mais bien pour rebondir sur le “château” des de la Hamaide que nous avions abordé il n’y a guère sur le village de Chéreng, en France (n°762).


Là-bas, nous avions évoqué la présence au XIXe siècle de la famille des le Maistre d’Anstaing. Ce fait nous remit en mémoire une visite effectuée le 5 septembre 2003 dans le domaine de Braffe.

Il faut dire que Péruwelz est à la tête d’un ensemble de villages riches en patrimoine et que nous avons déjà évoqué, ici, plusieurs d’entre eux comme Bitremont (n°606) ou Arondeau (n°259), en escomptant en faire de même avec ceux du Biez, Fontenelle et le Maisnil, entre autres, si des anges bienveillants nous l’autorisent.

Braffe fut construite en 1705 dans un très évident style tournaisien alliant les briques et la pierre bleue, puis agrandie au XIXe siècle.

Le château appartient toujours aux le Maistre d’Anstaing, famille de chevaliers et écuyers belges arrivés à Braffe au XIXe siècle pour un mariage. En effet, Idesbald (1804-1867), archéologue, membre de la CRMS, dont la mère était une van der Gracht, épousa en 1832 Henriette Maelcamp dont la mère était une de Gaest de Braffe. Cela signifie que depuis le passage de flambeau entre les Gand-Vilain vers 1660 et maintenant, le domaine n’a plus été vendu.

Le fils d’Idesbald et d’Henriette, prénommé Henri (1846-1919) époux d’une Siraut, les suivit. Puis ce fut le tour de leur fils Idesbalde (1883-1961), né ici et marié à Madeleine Périn (1885-1961), jeune fille d’origine française dont la mère était également une Siraut. Par ailleurs, l’arrière-grand-père de Madeleine était Henri-Charles Dubois (1797-1877), grand industriel ayant des intérêts dans les aciéries d’Anzin, ce qui nous relierait aux Croÿ (château de l’Hermitage) et aux Mathieu mais aussi aux vicomtes Desandrouin, fondateurs des mines d’Anzin.

Les vicomtes étaient sires de Lodelinsart et de Villers-sur-Lesse. Leur immense fortune aboutit chez les Liedekerke-Beaufort et permit l’édification du fantastique château de Noisy. Monsieur Dubois avait acheté le château d’Aubry (un peu au Nord de Valenciennes; il est devenu un hôtel), sur l’Escaut, en 1855. Jusqu’en 1846 il appartenait au comte Aimé van der Burch, marié à la comtesse Charlotte de Peralta, ce qui crée un lien via Madame avec le château de Louvignies près de Soignies (n°27) et un autre avec celui d’Angleur (n°261, Liège).

Tout cela est très belge et par les van der Burch on pense au château fort d’Ecaussinnes bien sûr, mais aussi à Londerzeel. Notons encore que nous sommes à côté des restes de Briffoeil (n°453), château qui fut exceptionnel par sa taille et son importance stratégique. Ses ruines appartiennent semble-t-il encore aux d’Anstaing.

Braffe a donc 310 ans et nous en profitons pour sortir de nos archives une lettre de J. Germain, résidant à Wasmes-Audemez à quelques kilomètres du château qui nous occupe et que l’on nomme dans la région le château de Wadergnies. Monsieur Germain était admiratif devant l’énergie mise par les d’Anstaing (Thierry et Marie-Françoise) pour préserver ce très beau patrimoine. Il avait raison; on lui doit cette belle photo avec les cèdres du Liban.

1705 est donc l’année de l’édification d’une petite maison de campagne, désirée par les descendants de Michel de Gaest. Nous ne savons rien de ces gens si ce n’est la ligne que donne Jean Deroubaix dans son “Dictionnaire du Hainaut”, paru en 1989. L’auteur signale que Michel de Gaest acheta les droits de la seigneurie de Braffe en 1660. Le vendeur était un comte de Merode, lequel détenait Braffe par les d’Enghien, héritiers eux-mêmes des d’Antoing, sires de Braffe entre le XIIe siècle et 1415.

Danny Delcambre est plus précis encore. Il écrit que la seigneurie de Braffe passa aux Gand-Vilain, des princes d’Isenghien et de Masmines, par le mariage de Louise de Merode avec Guillaume de Gand-Vilain; l’union fut consacrée en 1626. C’est leur fils François-Philippe qui vendit Braffe à Michel de Gaest vers 1660, dit-il. Delcambre ajoute que les de Gaest resteront maîtres de Braffe jusqu’en 1854, ensuite de quoi les d’Anstaing héritèrent du domaine.

Le château ancien est composé d’une aile principale (celle de 1705), regardant vers la cour intérieure. On accède à celle-ci par un porche curieux et rare dans la région car il est composé de deux pilastres et d’un fronton animé d’un grand arc en plein cintre aveugle. Tout ceci est en briques et sommé d’un clocheton piqué d’une aigrette armoriée.

La cour est fermée par deux ailes de communs.

Le corps de logis ancien aligne sept travées posées sur un soubassement aveugle.

On compte deux niveaux égaux, séparés par un bandeau-larmier. La toiture à coyaux est mansardée et animée de trois lucarnes centrales aux jolis frontons arrondis et à petits-bois rayonnants.

Les d’Anstaing ajoutèrent donc une aile perpendiculaire qui ne compte que trois travées centrales plus les deux tours latérales.

La travée axiale, en léger ressaut, supporte un petit fronton légèrement baroque. Le corps central s’appuie sur deux tours carrées engagées de trois niveaux, comme au centre d’ailleurs.

Le parc fut très bien planté, par les de Gaest d’abord, à qui l’on doit, depuis 1790, la présence de deux cèdres du Liban parfaitement remarquables et par les d’Anstaing ensuite. On ne visite pas, mais on voit un peu la cour intérieure depuis la rue.

Philippe Farcy

19:00 Publié dans Vie de château | Lien permanent | Commentaires (1) | |

Commentaires

Merci beaucoup pour cet article.
Ca fait plaisir qu'on s'intéresse à ma famille.

Léopold

Écrit par : Léopold Gilson | 19/12/2015

Les commentaires sont fermés.