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08/08/2015

Les mariées sont-elles à la mode ?

Se marier, c’est à la mode... Comptez ceux qui ont lieu autour de vous cet été. Alors, on se met la bague au doigt. À noter, le cérémonial du mariage n’échappe pas au regard de la société. Même si le mariage est un moment intime, les tendances en donnent le la.


La mariée était en rouge
IL Y AURAIT de quoi se mélanger les pinceaux… D’abord parce que, dans l’imaginaire commun, la mariée, elle est en blanc, et que si, par hasard, la culture lui a fait revêtir une autre couleur, c’est Truffaut dans son film “La mariée était en noir”. Et pourtant, l’affirmation qui nous tient lieu d’intitulé est des plus véridiques et met en cause l’ancienneté de la symbolique autour de la robe de mariée.
C’est l’historien des couleurs Michel Pastoureau qui le dit : “Le rouge reste la couleur de la robe de mariée jusqu’au XIXe siècle […]. Surtout chez les paysans, c’est-à-dire la grande majorité de la population d’alors. Pourquoi ? Parce que, le jour du mariage, on revêt son plus beau vêtement et qu’une robe belle et riche est forcément rouge (c’est dans cette couleur que les teinturiers sont les plus performants).”
La robe blanche est donc une invention du XIXe siècle. La légende prétend que c’est la reine Victoria qui arbora la première une blanche robe.
Le blanc virginal de la mariée devient d’autant plus important dans la société du XIXe siècle qu’il signifie la pureté de la lignée. On s’explique. Cette société nouvelle, qui s’enrichit par le biais de sa bourgeoisie, doit mettre en place des moyens de protéger son patrimoine rudement gagné. Le blanc de la femme que l’on prend en épousailles signifie ni plus ni moins à toute la communauté que l’enfant à naître de cette blanche épouse (puisque la perpétuation de la lignée est le dessein du mariage in fine) sera un successeur légitime au patrimoine de papa.

(1) À lire, “Les 90 robes de mariées les plus extraordinaires”, par L’Officiel, Ipamena, 18 € env.
 
20.jpgAnnées 20-30, un code précis
La robe de mariée obéit à une codification précise. Elle n’est pas décolletée, ni particulièrement ornée de dentelle. La forme est assez près du corps et ne ressemble en rien à une robe de princesse à multiples jupons. Les cheveux sont couverts, et le voile long. La robe de la mariée a encore quelque chose du costume religieux. Les couturiers du moment (Worth, maison Molyneux ou maison Rosine) ne se laissent pas aller à leur penchant stylistique personnel, respectant cette codification du vêtement de noces.
 
 
60's, la mariée est en mini60.jpg
“À toutes les époques, la robe de mariée a favorisé d’amples volumes, de grands jupons… Comme si cette multiplication des remparts entre celle qui la porte et le monde extérieur devait lui garantir une virginité intacte” (1). Les 60’s, décennie de libération vestimentaire qui préfigure la libération sexuelle de 68, commencent à s’affranchir de ces codes esthétiques qui faisaient tant ressembler la robe de mariée à une tenue de communiante. L’épouse de Polanski (ci-dessous) est une illustration du phénomène de mode qui prend le pas sur le symbole.
 
 
1973.jpg70's, la mariée moins enserrée
“Après une révolution sexuelle, on se marie beaucoup moins. Et si l’on accepte de quitter les délices du péché, ce ne sera certainement pas dans une robe faite pour cela” (1). Dans la décennie 70, les robes de mariées se simplifient, avec plus de chichis. On se marie par amour plus que par convention. Et les mariées rivalisent d’invention en ce qui concerne la parure. On se marie en pantalon ou encore en tailleur mais sans rien en dessous comme Bianca Jagger…
 
 
 
 
80's: mariage tape-à-l'oeil80.jpg
Dans les 80’s, on n’a pas peur du style meringue. La mode féminine est ostentatoire (Mugler et Montana font de la paillette et des épaulettes); et la robe de mariée n’y échappe pas, la princesse Diana en fait les frais avec sa robe chantilly et sa traîne, nappe de banquet.
La robe de mariée des 80’s met moins en beauté la femme qu’elle ne magnifie l’époque d’opulence. À une autre extrémité, pour faire démonstration du pouvoir de l’argent qui permet tout, Caroline Barclay se marie en 1988 à Eddy B. en maillot de bain. Les symboles du mariage sont mis de côté.
 
2013.jpg90's, 2000: pas seulement en blanc
Il faut attendre la fin des 80’s pour voir renaître le mythe de la robe de mariée et le retour des grands couturiers sur ce terrain. Les défilés se clôturent alors par LA robe de mariée, signature de la maison. Christian Lacroix excelle à ce jeu-là, faisant montre que la toilette de l’épousée ne doit pas forcément être blanche, pourvu qu’elle soit transcendante. Les couturiers Galliano et Lagerfeld poursuivent la rénovation de cette toilette extrêmement codifiée.
 
 
 
 
Les mariées de l'an 20152000.jpg
Les mariées n’échappent pas à la tendance. Si, il y a encore quelques saisons, les mariées subissaient la dictature de la robe bustier (sans bretelles) – et Dieu sait qu’on a vu des mariées angoissées remonter leur bustier tout au long de leur jour J –, les mariées en 2015 doivent apprécier la robe sirène. La grande majorité des modèles sont des robes moulantes qui s’ouvrent au niveau du genou en corolle, pour laisser la possibilité d’une traîne (la traîne, ça fait princesse) et aussi pour espérer faire un pas de deux et ouvrir le bal de son propre mariage.
Une mode qui met en avant l’obligatoire corps de rêve de la mariée, notamment en ce qui concerne le diktat de la minceur. Ce qui frappe ? Ces “robes sirènes” sont particulièrement entravantes, une symbolique pas très engageante pour le statut de l’épouse moderne.
 
Pour continuer à rêver un peu aux atours des princesses d’un jour, on ira regarder la galerie photo des robes de mariées de princesses : Kate, Grace, Clothilde, Mathilde et les autres…

09:00 Publié dans Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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