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14/08/2015

Découvrir la Thaïlande rurale

La Libre, Momento, Escapade, Thaïlande, rural, Loei, MékongLa province de Loei est séparée du Laos par le Mékong. Le tourisme international devrait s’y développer dans les années à venir. Loin des tumultes de Phuket, les campagnes thaïlandaises y exposent leurs richesses paysagères et culturelles.

En balade: Mathieu Colleyn

Les amoureux de la Thaïlande le savent, ce petit bijou du Sud-Est asiatique n’offre pas que plages bondées et autres temples urbains du tourisme de masse. Il est bon, lorsqu’on est à la recherche d’authenticité, de se diriger vers les provinces du nord ou de l’est du pays. Des zones que les autorités thaïlandaises cherchent de plus en plus à promouvoir. Pour y développer l’économie locale, certes, mais aussi pour se défaire de l’image que le tourisme quasi industriel et pas toujours très reluisant lui colle à la peau. Pour ce faire, le royaume de Thaïlande mise sur un tourisme axé sur la découverte de la nature, le contact avec les populations locales et, bien sûr, les spécialités qui font de la cuisine thaïlandaise l’une des meilleures du monde. Le visiteur aurait tort de ne pas lui emboîter le pas tant le pays est riche de découvertes et d’une culture ancestrale.
 
“Momento” a pris la direction de la province de Loei, au nord-est du pays, qui n’est qu’à trois quarts d’heure de vol de Bangkok. Le voyage est encouragé par les prix abordables des vols intérieurs en Thaïlande, mais Loei est accessible en train (six heures) et en voiture bien sûr. Immanquable, la beauté est au rendez-vous. Cette région est très prisée des touristes thaïlandais, notamment parce qu’elle est la plus fraîche du royaume. Rassurons tout de suite, il n’y fait pas froid pour autant.
 
La région est modelée de reliefs et vallées recouverts d’une épaisse végétation tropicale. Elle est séparée du Laos par le majestueux fleuve Mékong dont les rivages sont, sur cette portion, largement préservés. Il est vivement recommandé d’y faire un tour dans l’un de ces longs bateaux caractéristiques du fleuve.
 
La province de Loei échappe pour l’heure au tourisme de masse, on l’a dit, et constitue une escale idéale pour les voyageurs débrouillards. L’hôtellerie présente une gamme variée mais l’absence de transports publics accessibles et les difficultés linguistiques ne facilitant pas l’orientation des étrangers, il est vivement conseillé de louer une voiture et de faire appel à un guide.
 
Celui-ci pourrait vous conduire dans le district de Dan Sai. Au mois de juin, on y prépare la fête traditionnelle de Phi Ta. Il s’agit d’une procession mettant en scène des esprits, incarnés par des personnages facétieux affublés de longs masques et de costumes colorés. Cette procession, dans une ambiance très festive, doit débarrasser les populations de la malchance et de l’infortune.
 
La formule est encore balbutiante, mais il est possible de louer des vélos à Dan Sai. Un club cycliste est installé à proximité du Dansai Crown Prince Hospital. Une façon très agréable de découvrir la région et ses lieux de culte témoignant de l’omniprésence de la religion bouddhiste. Un détour par Phrathat Si Song Rak vous permettra de découvrir un temple impressionnant qui s’érige en symbole de l’amitié entre la province et le pays voisin, le Laos, depuis quatre cent cinquante ans. Le vélo permet aussi de pénétrer les campagnes, d’admirer les rizières, de traverser les villages. La bienveillance des Thaïlandais à l’égard du public étranger y marque les esprits.
 
A Chiang Khan, les lève-tôt pourront assister au défilé de moines bouddhistes auxquels la population offre quotidiennement de la nourriture. Dans cette partie de la province, l’on peut également faire connaissance avec la culture Tai Dam, issue d’une communauté d’origine vietnamienne dont les ancêtres ont fui les guerres il y a une centaine d’années.
 
 
Un havre de paix au bord de la rizière
 
La belle histoire a fait le tour de la presse locale. Agée de 25 ans, un diplôme en gestion administrative en poche, Nu Dee (ou Jitchanok Tahwichai) était promise à la vie urbaine dont rêvent nombre de ses compatriotes de sa verte province. C’est pourtant vers un tout autre destin que la jeune femme a choisi de marcher. Elle est en effet revenue dans la ferme familiale que sa maman avait déjà partiellement transformée en chambres d’hôtes. Il fallait aider ma mère , confesse celle qui est aujourd’hui élevée en exemple. Nu Dee a entièrement repris les cultures de la ferme familiale, non sans rompre avec des pratiques désastreuses très répandues dans l’agriculture thaïlandaise, après avoir suivi plusieurs formations en agriculture durable. Le riz produit à la ferme située à Phu Ruea (à 485 km au nord-est de Bangkok) est désormais 100 % biologique. La culture biologique commence à se développer en Thaïlande car on a constaté que les paysans développent des maladies, comme le cancer, directement liées à l’usage de produits chimiques, relève la jeune femme.
 
Sa ferme est un véritable havre de paix, logée dans une verdoyante vallée. La jeune agricultrice y modernise la culture du riz. Celui-ci y est planté à la jetée, ce qui évite au paysan de devoir se courber toute la journée pour piquer les plants dans les rizières. La ferme accueille les touristes sans chichi (ni air conditionné) offrant une réelle expérience de la vie rurale dans la province de Loei. Les visiteurs sont invités à participer à la culture du riz. Une halte idéale pour se ressourcer…
 
 
Ph.: M. Colleyn

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