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12/09/2015

Envie d’un jardin parfumé ?

La Libre, Momento, Dehors, jardin, plantes, parfum, senteurs, fleurs, parfuméAu balcon, en bouquet et au jardin, difficile de ne pas être séduit par les végétaux parfumés.

Le nez en l’air: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


BON NOMBRE DE JARDINIERS privilégient ce critère lorsqu’ils font leurs achats. Dès l’enfance, le parfum des fleurs émerveille. Adulte, il éveille mémoire et nostalgie, et donne au lieu le plus modeste un indéniable petit “supplément d’âme”.
Après la structure, l’équilibre des masses et l’harmonie des couleurs, le parfum a toute son importance dans la réalisation de nos univers jardiniers.
Longtemps, dans le marketing horticole, seul le visuel a compté. Les variétés nouvelles étaient vantées pour leur couleur mais dépourvues d’odeurs. Depuis, le parfum est revenu en force, souvent incontournable, particulièrement dans le cas des roses.
 
Question d’atmosphère
Quels que soient le jardin, le balcon ou la terrasse, il est assez facile d’y introduire une note odorante. À tout sol, sec ou humide, à tout emplacement ombragé ou ensoleillé, il y a forcément une plante parfumée qui convient. Pour en bénéficier au maximum, il faut créer une atmosphère calme, protégée des vents violents. En effet, si un léger zéphyr transporte agréablement les senteurs, les vents forts les dispersent. Aussi, dans les lieux exposés, faut-il aménager des brise-vent. Un petit mur qui capte le soleil la journée et restitue la chaleur le soir quand l’air se rafraîchit, favorise la diffusion des parfums. Une simple surface pavée peut avoir le même effet. En règle générale, évitez de planter côte à côte des variétés odoriférantes qui fleurissent à la même époque. Le parfum puissant de l’un masquera celui plus doux de l’autre. Privilégiez l’étalement des floraisons. Il existe des espèces pour embaumer chaque saison.
 
Présence olfactive
Que dans l’air flottent quelques notes parfumées, nous voilà prêts aussitôt à remonter la piste, le nez au vent, pour en découvrir l’origine. Alors que des plantes plus proches de nous réputées délicatement parfumées sont, elles, dénuées de toutes senteurs. Pourquoi ? Question de distance, de proximité ou de courants d’air. D’un jardin à l’autre, la perception des parfums varie. Rien à voir avec un caprice. Les parfums sont complexes et se transforment en fonction de la qualité de la terre, de la météo, de l’heure et de la chaleur, ainsi que du cycle de vie des plantes. Les insectes butineurs jouent leur rôle, eux aussi. Leurs passages incitent les plantes à exprimer leur parfum. Certains sont très sensibles aux odeurs qu’ils associent à la présence de nectar et de pollen. Pourtant, les fleurs nectarifères ne sont pas toutes parfumées. Et quand c’est le cas, elles n’exhalent pas nécessairement des fragrances délicates. L’odeur de pourriture dégagée par quelques arums fait le bonheur des mouches qui les visitent. Même si nous en profitons indéniablement, tout cela ne nous est donc pas destiné !
 
A la bonne place
Près de la maison, de ses abords, non loin de l’entrée sont des emplacements parfaits. En revanche, à côté de la table ou de la chaise longue, du bac à sable des enfants et même de la terrasse où l’on se tient habituellement, il est prudent de ne pas installer ce genre de végétaux afin de diminuer les risques de piqûres d’insecte. Une exposition à l’Ouest ou plein Sud et une température plutôt chaude favorisent le développement des fragrances et leur perception. Gardez en mémoire ces conditions lorsque vous déciderez de créer votre coin des senteurs. Installez des feuillages odorants, thyms, menthes, camomilles, orangers du Mexique qu’il vous suffira de froisser pour déclencher une symphonie parfumée.
 
Feuillages odorants
Si le parfum est présent dans certaines fleurs, il l’est aussi dans certains feuillages. Mais chez ces derniers, destiné à une fonction différente. Repousser au lieu d’attirer afin de protéger des maladies et des insectes. Les composés trouvés dans les molécules des parfums des feuilles sont fortement antiseptiques. Cette odeur entraîne un goût astringent qui décourage les indésirables. Parfois, il est nécessaire de remuer un peu les feuilles ou de les toucher pour en profiter pleinement.
 
 
Quelques suggestions
 
En façade. Le jasmin officinal, avec ses étoiles blanches parfumées en juin, apprécie le soleil.
La clématite des montagnes ‘Mayleen’, en mai, juin, se couvre de fleurs roses au parfum d’œillet. Plus tardive et à la vigueur plus modérée, la Clematis x aromatica sent la vanille et se faufile avec plaisir dans un buisson. Impossible de ne pas mentionner chèvrefeuilles, rosiers et glycines.
 
Sur les balcons. Les pélargoniums odorants font merveille. Le toilettage des feuilles et fleurs fanées déclenche de délicates bouffées. Ne pas oublier de les rentrer avant les gelées. ,Un Sarcococca en pot embaumera l’hiver; son parfum est puissant et son feuillage persistant. Il se plaît même à l’ombre.
 
Dans les bordures. Les grands Phlox paniculata sont les vedettes des parterres d’été. Il n’y a pas qu’eux. Dès le printemps, iris, pivoines et julienne des dames signalent leur présence. L’Hosta plantaginea, à l’inverse de bien d’autres, se singularise par une préférence pour une exposition légèrement ensoleillée et chaude. Il réussit en jardinière; ses fleurs sentent délicieusement mais il n’est pas le seul.  A l’avant des parterres ou aux pieds des rosiers, le feuillage des Calamintha ne passe pas inaperçu quand on le froisse.
 
Précieux arbustes. Le Viburnum carlesii fleurit en avril. Osmanthus burkwoodii, lilas et seringats sont des grands classiques du jardin parfumé, chacun avec la note qui le caractérise. L’Hamamelis mollis fleurit de décembre à février et parfume tout le voisinage, tout comme le Lonicera fragrantissima et le Chimonanthus. Le Daphne ‘Eternal Fragrance’ conjugue, lui, feuillage persistant et senteur. Si le parfum est un indéniable atout, cela n’augure en rien de l’allure générale de la plante ou de l’arbuste qui peut être assez dégingandée.
 
 
Ph.: MNC & MPV - Paeonia lactiflora ‘Jan van Leeuwen’.

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