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19/09/2015

Le sorbier des oiseleurs

La Libre, Momento, Dehors, sorbier, jardin, planteBien de chez nous, ce petit arbre sympathique est devenu presque banal. Accommodant, sans souci, familier des oiseaux, à cette saison il leur offre le couvert.

Au jardin: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


SANS DOUTE EST-IL BIEN MODESTE, ce sorbier aux petites baies orange. En alignement dans les rues des villes ou comme haie dans les jardins de campagne, il répond toujours présent.
Robuste, rustique, facile à vivre, peu encombrant, appartenant, comme les pommiers et les aubépines, à la grande famille des Rosacées, il se fait remarquer tout au long des saisons. La floraison printanière en ombelles blanches, parfois roses, attirant les insectes pollinisateurs, est suivie d’une fructification colorée d’orange à blanche en passant par le rose selon les cultivars, persistant longtemps sur l’arbre en hiver.
Quant au feuillage caduc, élégant et léger, il laisse passer la lumière tout en se colorant parfois joliment en automne. Vous l’avez compris, il a toujours sa place, même dans un petit jardin.
 
Sorbier, alisier ou cormier
Attention, il y a sorbier et sorbier ! Parmi plus d’une centaine d’espèces, le plus commun est incontestablement Sorbus aucuparia appelé communément sorbier des oiseleurs aux feuilles composées ou pennées qui pousse spontanément dans les forêts d’Europe.
Comme le bouleau, c’est un véritable pionnier appréciant les sols drainés, voire légèrement humides. Son port est assez ramifié, presqu’arrondi et, dans de bonnes conditions, il peut atteindre 10 à 15 m.
D’autres, en revanche, ont un feuillage entier, non composé. Le cormier, ou Sorbus domestica, également indigène aux fruits brun violet, et l’alisier, Sorbus torminalis, au feuillage simple profondément denté devenant rouge orangé à l’automne. L’alisier blanc, Sorbus aria, moins connu, pratiquement oublié des catalogues, est le géant de la famille atteignant parfois 25 m. Un de ses cultivars au port élégant et conique sort du lot. Il a un feuillage véritablement argenté : Sorbus aria ‘Lutescens’. Pour corser le tout, des hybrides entre les espèces donnent des formes intermédiaires. A découvrir.
 
Délice de sorbe
Les petits fruits charnus à noyaux des Sorbus aucuparia attirent une quantité d’oiseaux, merles, étourneaux, pinsons, tarins et grives. Aucupatus voulant dire en latin “attrape-oiseaux” rappelle qu’autrefois le fruit était utilisé comme appât par les oiseleurs ou chasseurs d’oiseaux qui se tenaient auprès de l’arbre pour surprendre leurs proies dans des filets. Les sorbes n’attirent pas que les oiseaux. Aussi les humains.
En tout cas à une certaine époque. En marmelade, confiture, gelée, eaux-de-vie ou en infusion de fruits séchés. Très riches en vitamine C, à la saveur acide prononcée, elles avaient une excellente réputation à la condition d’enlever les graines toxiques. Au XVIIIe siècle, on leur a préféré les pommes et les poires plus douces et juteuses. Le sorbitol, un sucre extrait des fruits, est toujours considéré comme un excellent édulcorant au faible apport calorique idéal dans un régime minceur.
 
Spécial petit jardin
Le sorbier est parfait dans les petits jardins. Volontaire, il pousse vite, dans n’importe quel type de sol. Même dans les terres caillouteuses ou sableuses.
Sa rusticité est excellente, son enracinement profond peu gênant, sa résistance au vent et à la pollution assez bonne, et sa taille adulte plutôt menue (aux alentours des 10 m pour les grands formats). A part le fait qu’il déteste la chaleur et la sécheresse, que lui demander de plus ?
La seule ombre au tableau serait une petite sensibilité au feu bactérien – maladie dangereuse qui peut avoir raison de l’arbre –, au même titre que les autres membres de la famille des Rosacées, tels le pommier, le poirier ou l’aubépine.
Renseignez-vous, quelques espèces sont plus résistantes que d’autres.
 
 
PORTRAITS
 
Le sorbier est, à lui seul, un festival de couleurs : la floraison blanche ou rose en mai, le feuillage jaune ou rouge à l’automne, et les fruits en énormes bouquets orange, blancs, roses ou jaunes qui persistent plus ou moins longtemps sur l’arbre selon les variétés. Sachez que les sorbiers aux fruits clairs sont, dans la durée, les plus décoratifs. En effet, ils attirent moins les oiseaux et sont encore souvent présents à Noël… Bon à savoir !
Parmi les sorbiers à feuilles composées, quelques-uns méritent vraiment qu’on leur tire le portrait :

Sorbus koehneana, d’origine chinoise, a un port buissonnant, 3 m de haut maximum, des fruits blancs suspendus à de fines tiges rouges qui contrastent à ravir avec un magnifique feuillage d’automne rouge vif;

Sorbus ‘Joseph Rock’, un hybride d’origine horticole, au port élevé relativement fastigié, arbore des jolis fruits jaunes ressortant élégamment sur le feuillage automnal écarlate. Les oiseaux ne touchent pas aux fruits qui restent présents jusqu’aux premières gelées. Attention, il pourrait être parfois sujet à la maladie du feu bactérien;

Sorbus hupehensis, un autre chinois, porte des fruits blancs devenant roses qui persistent sur l’arbre après la chute des feuilles une grande partie de l’hiver. Le cultivar ‘November Pink’présente des fruits d’abord beige rosé qui deviennent ensuite rose soutenu, contrastant bien avec le feuillage grisé puis doré à l’automne;

Sorbus vilmorinii, encore un chinois, a tout pour lui : pas trop grand (5 m de haut sur 5 de large), un feuillage fin, élégant faisant penser à une fougère virant au bronze puis au rouge pourpre à l’automne, une fructification de longue durée passant du rose vif au blanc rosé;

Sorbus cashmiriana a des bouquets de fleurs rose pâle devenant en automne de gros fruits blanc immaculé contrastant avec les gros bourgeons rouges d’hiver. Jusqu’à 8 m de haut.
 
 
Ph.: Reporters/Sunset

14:00 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, sorbier, jardin, plante | |

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