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26/09/2015

Premières vendanges à la ferme du Chapitre

la libre,momento,papilles,vins,vendanges,ferme du chapitre,belgiqueLa famille Hautier-Demarbaix a fait le pari de transformer ses terres agricoles en domaine viticole. Première dégustation attendue au printemps.

Mise en bouteille: Baudouin Havaux


LUNDI DERNIER, APRÈS AVOIR PASSÉ la gare de Baulers, les navetteurs de la ligne Charleroi-Bruxelles, le regard attiré sur la droite des voies, ont été les témoins des toutes premières vendanges du nouveau domaine viticole de la ferme du Chapitre. En dix ans, la profonde vallée initialement consacrée à l’élevage de Blanc Bleu belges s’est métamorphosée, d’abord en culture céréalière, avant d’être couverte en 2013 par 22 000 piquets métalliques et autant de pieds de vigne.
 
Une ambitieuse reconversion de la famille Hautier-Demarbaix qui, à la tête d’une exploitation agricole de 66 ha sans réelle possibilité d’extension, a décidé d’offrir à ses trois fils la possibilité de poursuivre une activité proche de la nature, impossible à imaginer en agriculture traditionnelle. Il faut croire que le banquier qui les a soutenus dans le lancement de ce projet, dont l’investissement est estimé à plus de 600 000 €, est également un grand amateur de vin…
 
Vingt-neuf mois de labeur
Ce matin-là, une dizaine de vendangeurs donnent les premiers coups de sécateurs pour faire tomber dans des bacs noirs de jolies grappes dorées aux raisins bien serrés. L’aboutissement de vingt-neuf mois de travail est enfin palpable et la tension devrait être à son comble. Mais non, tout au contraire. On découvre Annie Hautier, son mari et leurs fils très calmes et très sereins, malgré qu’il eut fallu attendre plusieurs jours avant que le temps ne soit clément pour débuter la récolte.
 
En ces moments, on mesure non seulement la sagesse paysanne des hommes qui maîtrisent les lois de la nature, mais surtout une méticuleuse préparation. Depuis le début du chantier, rien n’a été laissé au hasard. Et aujourd’hui, tout semble se dérouler comme si ce balai de vendangeurs qui remontent les rangs de vignes, du tracteur qui charge les cagettes de raisins et de Luc qui verse les grappes dans le flambant neuf étrapoire avaient été répétés depuis des années. Certes, ils se sont un peu entraînés la saison dernière avec la récolte 2014 qui ne pesait pas plus de 100 kg. Mais malgré tout, le spectacle est impressionnant. On ne résiste pas à grappiller quelques grains de “Solaris”, la première variété à arriver à maturité et donc la première vendangée. Ce cépage blanc sélectionné en Allemagne résiste aux maladies cryptogamiques comme le mildiou, le botrytis ou l’oïdium, ce qui permet de diminuer drastiquement les traitements.
 
En bouche, la peau et les pépins se détachent facilement de la pulpe, ce qui, nous explique Annie, est un bon indice de maturité. Son goût est sucré, aromatique, et les tanins de la pellicule et des pépins ne sont pas astringents. Les grappes sont parfaitement saines et ne présentent aucun signe de pourriture malgré l’humidité de ces derniers jours.
 
Agriculture biologique
Il faut dire que le vignoble est conduit biologiquement et n’a donc connu aucun traitement à base de molécules issues de la chimie de synthèse. Le plus grand soin a été apporté à la vigne pour assurer une qualité optimale au raisin et in fine au vin. Les rendements ont été limités en coupant quatre à six grappes par pied, soit près de 50   % de la production avant la véraison (NdlR   : moment où les grains de couleur verte changent de couleur). Ce sacrifice assure une meilleure maturité des raisins et une meilleure concentration des sucres et des arômes.
 
Ensuite, vers la mi-juillet, ils ont procédé à l’effeuillage. Une opération qui consiste à enlever les feuilles situées près des grappes pour permettre une meilleure insolation et une meilleure aération des raisins, qui sèchent plus vite après la pluie.
 
Un peu plus loin, les rangs de vigne porteuse d’un autre cépage blanc, également d’origine allemande, le Johanniter, attendront la fin de la semaine pour être vendangés à bonne maturité. Les raisins sont encore un peu acides.
 
Les cépages rouges comme le Regent ou le Rondo patienteront, eux, jusqu’à la mi-octobre. De quoi assurer de belles séquences de vendanges aux clients de la SNCB pendant les jours à venir entre l’église et la gare de Baulers.
 
Contrairement aux vignobles du sud de l’Europe, les vignes sont palissées à plus de deux mètres de haut pour augmenter la surface foliaire et favoriser la photosynthèse. Les grappes se situent à un mètre de hauteur pour les protéger de l’humidité du sol. Le sol sablo-limoneux assurant un bon drainage est couvert par un épais tapis d’herbe régulièrement tondu qui est en compétition avec la vigne pour juguler sa vigueur.
 
Un millésime extraordinaire
L’ancienne grange, transformée en chai, qui contient du matériel de vinification en inox tout neuf, est prête à réceptionner cette première année une récolte estimée entre 8 000 kg et 10 000 kg de raisins, qui se transformeront après fermentation et élevage en autant de flacons de vin wallon.
 
Cette année, grâce à un été particulièrement chaud et ensoleillé, on s’attend en Belgique à des vendanges d’une qualité supérieure à la moyenne, et si la nature nous gratifie d’un bel été indien, on peut s’attendre à un millésime extraordinaire. A Bordeaux, on parlerait du millésime du siècle, mais en Belgique on est plus modeste, alors que les changements climatiques donneront peut-être raison à nos vignerons belges.
 
En attendant, on se donne rendez-vous au printemps prochain pour une dégustation exclusive et en primeur des premières bouteilles du domaine viticole de la ferme du Chapitre, qui propose également des chambres d’hôtes.
 
Plus d’infos  : www.lafermeduchapitre.be
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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a suivre

Écrit par : Sax | 28/09/2015

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