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27/09/2015

L’anti-âge, et si ça marchait vraiment ?

la libre,momento,bien-être,crème,anti-âge,efficacité,cosmétiquesNotre peau vieillit dès notre premier cri. Et différemment selon notre hérédité et les éléments auxquels elle est exposée. Que peut la cosmétique pour ralentir le mouvement ?
 
Visite guidée: Marie Baudet


DANS LES LABORATOIRES EUCERIN que nous avons eu la chance de visiter (lire ci-dessous), comme dans d’autres, on se targue de lutter contre le vieillissement cutané. Un petit rappel s’impose. La peau, notre organe le plus étendu, joue des rôles multiples  : elle nous protège, régule la température corporelle, assure les échanges entre l’organisme et son environnement, nous informe via le toucher agréable ou douloureux, offre des réponses immunitaires et régénératives, permet la production de vitamine D…
 
C’est à l’adolescence que la peau est dans sa plénitude fonctionnelle. Or, les années passant, en dehors même de toute pathologie particulière, la peau évolue, ses fonctions diminuent avec le vieillissement, qui, par ailleurs, se traduit visuellement. Les indices de l’expression se font ridules superficielles, puis rides installées. Les traits s’accusent. La fatigue se marque plus vite, se résorbe plus lentement. Le teint perd en uniformité, en éclat. La fermeté s’amenuise, la densité s’estompe.
 
“Le vieillissement cutané est un processus multifactoriel, rappelle le professeur Jan Gutermuth, chef du département de dermatologie à l’UZ VUB. Il a des causes internes (hérédité, influence hormonale…) et externes (exposition au soleil, alimentation, alcool, tabac, stress, pollution, médicaments…)”.
 
Si on ne peut guère lutter contre l’hérédité, les facteurs externes entrent, eux, dans notre plein champ d’action : se nourrir sainement, éviter de fumer, modérer l’alcool, s’hydrater de l’intérieur relèvent du sens commun. Tout comme le fait de maintenir en respect les rayons UV. La protection quotidienne, toute l’année, des zones exposées (visage, décolleté, mains) est capitale, insiste le dermatologue qui préconise l’usage général d’un indice 15 au minimum afin de prévenir, ou du moins ralentir, ce qu’on appelle le photovieillissement.
 
Et notre pot de crème, dans tout ça ? Recèle-t-il le trésor de l’éternelle jeunesse ? Certainement pas à lui seul, en dépit des allégations miraculeuses des fabricants de cosmétiques. Cependant, la recherche, par l’étude des structures de l’épiderme et de leur évolution avec l’âge, identifie ses manques et ses besoins pour mettre au point certains actifs.
 
Ainsi en va-t-il de l’acide hyaluronique (HA), protéine constitutive de la peau et des cartilages, qui régule notamment l’hydratation cutanée, les inflammations, le renouvellement cellulaire, la cicatrisation des plaies. La médecine esthétique, depuis plusieurs années, l’utilise en injection, afin de combler rides et sillons. Moins invasive, la cosmétique médicale inclut l’HA dans des formules (sérums, fluides, crèmes de jour, de nuit…) qui, passant la barrière cutanée, vont relancer ses fonctions régulatrices et densifiantes.
 
On notera, avec Stefanie Conzelmann, chimiste et directrice R&D en dermocosmétique chez Beiersdorf, qu’à la suite de l’application d’un soin à l’acide hyaluronique, 10 % de l’actif pénètrent en profondeur, atteignant ainsi son but. Et les spécialistes de rappeler l’importance de la constance.
 
Une fois déterminés et trouvés les produits qui conviennent, s’en faire une routine. A base de plaisir, car textures et senteurs agréables font partie intégrante de la définition de la cosmétique, toute sérieuse et médicale qu’elle soit. Et parce que le plaisir est à n’en pas douter un anti-âge surpuissant.
 
 
Du concept de la crème à l’étagère de la salle de bain
 
Cosmétiques et soins font partie de nos routines d’hygiène et de confort, mais aussi de santé et de prévention. Comment naissent ces substances à qui nous confions notre épiderme ?
 
LE SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ SÉCULAIRE Beiersdorf occupe presque tout un quartier de Hambourg, métropole du Nord de l’Allemagne, avec pour phare architectural l’auditorium principal; donc l’enveloppe externe a les contours d’une cellule humaine. Outre Nivea (dont la célébrissime typographie est reprise dans la signalétique des locaux) et Hansaplast, se développent, ici, les produits de dermocosmétique Eucerin, qui nous ont ouvert une partie de leurs laboratoires.
 
C’est là que sont conçus, étudiés, fabriqués et testés les soins qui enfin seront lancés sur le marché pharmaceutique, puisque tel est le créneau de la marque allemande. Prescrite à l’origine exclusivement dans les cabinets médicaux (la toute première gamme d’onguents remonte à 1900), elle a conservé cette identité, ce mode de fonctionnement aussi.
 
Plutôt que de créer le besoin ou l’envie au lancement d’un nouveau produit, on part, ici, d’un problème voire d’une pathologie (sécheresse cutanée; peau réactive, atopique, intolérante; rides installées; dépigmentation…) pour lui trouver une réponse qui sera ensuite traduite sur le mode cosmétique. “Nous cherchons des moyens biologiques de remédier à des problèmes cutanés”, résume le Dr Elke Grönniger, membre de l’équipe du laboratoire de recherche. Exemple : sous l’influence du stress, de l’environnement, de l’eau dure entre autres, la peau se sensibilise. Son pH (potentiel hydrogène, qui définit l’acidité ou la basicité) sain se situe entre 4,5 et 5,5; le pH neutre étant à 7. La marque a ainsi développé une gamme entière affichant la même légère acidité que celle de la peau, n’obligeant plus celle-ci à sans cesse se réajuster.
 
Du moment où naît l’idée d’un produit à celui où il est mis en production puis se retrouve sur les rayonnages des pharmacies pour enfin rejoindre la salle de bain de ceux à qui il est destiné, il peut se passer de cinq à huit ans, nous dit-on chez Eucerin.
 
Ce temps, apparemment considérable, englobe de multiples étapes. Dont d’innombrables tests.
Dermatologiques, bien sûr, mais aussi cliniques, ce qui est moins courant dans l’univers cosmétique. C’est qu’ici, les produits sont “cosmétiques par définition, mais soumis aux mêmes exigences que le seraient des médicaments”, souligne Stefanie Conzelmann, chimiste et directrice du département Recherche&Développement DermoCosmetics.
 
En laboratoire, des échantillons de peau, prélevés sur volontaires, permettent d’isoler des cellules cutanées qui sont ensuite mises en culture in vitro, dans une sorte d’incubateur. Ces cellules permettent les tests en 2D. Mais les 3 dimensions sont une étape indispensable du processus, que permet la création de peau artificielle à partir de ces cellules. Ainsi, sont testés les différents actifs, leur combinaison, leur concentration, pour peu à peu se diriger vers un assemblage cohérent.
 
Plus tard, viendront les tests in vivo, avec un panel de volontaires recrutés en vertu de divers critères (âge, phototype, etc.) parmi une base de données de quelque 10 000 personnes. Cette nouvelle batterie de tests s’effectue tant sur des peaux avec pathologie que sur des peaux saines. Sont mesurés alors divers paramètres, en fonction des effets recherchés.
 
La texture est-elle ou non facile d’application ? Comment et à quelle vitesse pénètre-t-elle dans l’épiderme ? Laisse-t-elle un film à la surface ? Le produit tend-il bien à résoudre le problème en raison duquel il a été conçu ? Quels résultats – objectifs comme subjectifs – sont atteints par son utilisation ? Un impressionnant outil de diagnostic – machine sophistiquée – permet ainsi, en fonction des habitudes de la personne testée et de la nature de sa peau, de mesurer ses taux et ses besoins en termes de pigmentation, rides, fermeté et tonicité.
 
Toujours en ligne de mire une double contrainte   : le produit sortant de l’usine à l’issue du processus doit être efficace et bien toléré, en plus d’être plaisant. L’utile et l’agréable, toujours, du saut du lit au coucher.
 
Ph.: Reporters/Mary Evans Pictures

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